Sur le Web, ces 30 derniers jours

mardi 23 janvier 2018

  • Semaine de l'unité : Les différentes confessions chrétiennes mobilisées pour la justice et la paix
    Quelles sont les positions concernant la justice et la paix sur lesquelles s'entendent les croyants des diverses confessions ? Le frère Michel Mallèvre, op directeur de l'Institut supérieur d'études oecuméniques (ISEO) à l'Institut Catholique de Paris et membre du groupe des Dombes nous répond. (...)

  • [VIDEOS] Visite aux diocèses de Djougou et d'Abomey au Bénin

    Du 29 décembre 2017 au 13 janvier 2018, P. Hervé Le Vézouët, vicaire général ; P. Pierrick Jégonday, vicaire épiscopal et Michèle Colin, vice-présidente du Comité d'entraide Côtes d'Armor-Côte d'Ivoire-Bénin ont rendu visite aux diocèses de Djougou et d'Abomey au Bénin, avec lesquels le diocèse de Saint-Brieuc entretient des relations de coopération missionnaire, à travers notamment l'accueil de prêtres Fidei Donum.

    Retour sur la 1re semaine
    - Diocèse de Djougou

    Retour sur la 2e semaine
    - Diocèse d'Abomey

    Leurs récits sont également à découvrir dans la revue « Église en Côtes d'Armor » dans le numéro de février 2018 !


  • Vie contemplative : la clôture « n'enferme ni ne rétrécit le cœur »
    Le pape prie avec des contemplatives au Pérou (Méditation intégrale) « La vie de clôture n'enferme ni ne rétrécit le cœur… mais elle l'élargit… et le rend capable de sentir d'une nouvelle manière la douleur, la souffrance, la frustration, le malheur de tant de frères ». C'est ce qu'a affirmé le pape (...)

lundi 22 janvier 2018

  • Permanences
    Rencontre annuelle des permanent(e)s à la maison paroissiale - Paroisse de Broons

  • « le téléphone-obsèques ». BROONS
    Le téléphone Obsèques pour la Paroisse de Broons - Obsèques

  • « Le téléphone-obsèques ».
    Actualités de Janvier. - Paroisse de Broons

  • Catéchuménat
    Actualités de Janvier - Paroisse de Broons

  • Commentaires du dimanche 28 janvier

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 28 janvier 2018
    4éme dimanche du temps ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – livre du Deutéronome 18, 15 – 20
    Moïse disait au peuple :
    15 « Au milieu de vous, parmi vos frères,
    le SEIGNEUR votre Dieu
    fera se lever un prophète comme moi,
    et vous l’écouterez.
    16 C’est bien ce que vous avez demandé au SEIGNEUR votre Dieu,
    au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez :
    Je ne veux plus entendre la voix du SEIGNEUR mon Dieu,
    je ne veux plus voir cette grande flamme,
    je ne veux pas mourir !
    17 Et le SEIGNEUR me dit alors :
    Ils ont bien fait de dire cela.
    18 Je ferai se lever
    au milieu de leurs frères
    un prophète comme toi ;
    je mettrai dans sa bouche mes paroles,
    et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.
    19 Si quelqu’un n’écoute pas les paroles
    que ce prophète prononcera en mon nom,
    moi-même je lui en demanderai compte.
    20 Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom
    une parole que je ne lui aurais pas prescrite,
    ou qui parlerait au nom d’autres dieux,
    ce prophète-là mourra. »

    Le livre du Deutéronome nous rappelle ici un vieil épisode du Sinaï au temps de Moïse. Le peuple rassemblé au pied de la montagne avait entendu la voix de Dieu parlant à Moïse et son coeur était partagé entre l’émerveillement et la peur : l’émerveillement parce que c’était inouï que Dieu lui-même s’adresse à ce pauvre petit peuple ; mais aussi la peur car pouvait-on entendre la voix de Dieu sans mourir ? Et c’est la crainte qui l’avait emporté : « Je ne veux plus entendre la voix du SEIGNEUR mon Dieu, disait-on, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir. »
    Alors Dieu avait fait transmettre par Moïse cette promesse qui est rapportée ici : « Ils ont raison, je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles… » C’était pour le peuple une assurance formidable : Dieu comprenait sa peur mais ne le priverait pas pour autant de sa Parole, car le risque est toujours grand pour les hommes d’écouter des charlatans : comme disait Moïse, « Les nations écoutent ceux qui pratiquent l’incantation et consultent les oracles. Mais pour toi, le SEIGNEUR ton Dieu n’a rien voulu de pareil. » (Dt 18, 14).
    La promesse rapportée par Moïse insiste sur quatre points : premièrement, c’est un prophète choisi par Dieu et par nul autre qui doit conduire ses frères ; deuxièmement, il doit être issu du peuple de l’Alliance ; troisièmement, il doit transmettre fidèlement la Parole de Dieu et nulle autre ; enfin, quatrièmement, il est vital pour le peuple de l’écouter.
    Premièrement, c’est un prophète choisi par Dieu et par nul autre qui doit conduire ses frères : on sent affleurer ici une pointe contre des faux prophètes non envoyés par Dieu ; or au temps de Jérémie, qui est contemporain pour une large part du Deutéronome (dont est extrait notre texte d’aujourd’hui), on sait que les faux prophètes ne manquaient pas : Jérémie s’en est assez plaint ; c’est lui qui avait dit un jour à un prétendu prophète : « Ecoute, Hananya, le SEIGNEUR ne t’a pas envoyé ; c’est toi qui fais que ce peuple se berce d’illusions. » (Jr 28, 15) ;
    Ezékiel, lui non plus, ne mâchait pas ses mots : « Malheureux les prophètes insensés qui suivent leur esprit sans avoir rien vu… ils ont des visions illusoires et des prédictions trompeuses, eux qui disent : « oracle du SEIGNEUR » sans que le SEIGNEUR les ait envoyés. » (Ez 13, 3… 6).
    Moïse, au contraire, Dieu l’avait choisi, appelé, envoyé.
    C’est pour cela que notre passage d’aujourd’hui insiste pour qu’on ne donne sa confiance qu’à un prophète « comme Moïse », c’est-à-dire un véritable envoyé de Dieu : « Je ferai se lever… un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles… » Avec ce texte, le prophétisme en Israël se démarque résolument de toutes les pratiques de divination ; le prophète n’est pas un devin, il est le porte-parole de Dieu et Dieu ne s’amuse pas à prédire l’avenir.
    Deuxièmement, un véritable prophète doit être issu du peuple de l’Alliance ; la formule « pris parmi les frères » est claire : car il existait des quantités de prophètes étrangers, qui poussaient le peuple vers d’autres cultes ; il suffit de se rappeler les quatre cents prêtres de Baal amenés à Samarie par la reine Jézabel et contre qui le prophète Elie a tant lutté. Donc non seulement le prophète en Israël n’est pas un devin, mais il est le médiateur de l’Alliance.
    Troisièmement, un vrai prophète doit transmettre fidèlement la Parole de Dieu et nulle autre : « je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai… Mais un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra. » Au temps de Jérémie, ce genre de beaux parleurs ne devait pas manquer : son chapitre 23 les attaque de front : « Ainsi parle le SEIGNEUR le tout-puissant : Ne faites pas attention aux paroles des prophètes qui vous prophétisent ; ils vous leurrent ; ce qu’ils prêchent n’est que vision de leur imagination, cela ne vient pas de la bouche du SEIGNEUR. » (Jr 23, 16 ; voir aussi Jr 23, 25-28)… « Je vais m’en prendre aux prophètes qui ont des songes fallacieux – oracle du SEIGNEUR -, qui les racontent et qui, par leur fausseté et leurs balivernes, égarent mon peuple… » (Jr 23, 32).
    Enfin, quatrièmement, il est vital pour le peuple d’écouter les prophètes envoyés par Dieu : « Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, dit Dieu, moi-même je lui en demanderai compte. » Pour citer encore une fois Jérémie : « Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d’Israël : malheureux l’homme qui n’écoute pas les termes de cette Alliance que j’ai proposée à vos pères lorsque je les ai fait sortir du pays d’Egypte… » (Jr 11, 3).
    On peut être surpris de l’insistance du livre du Deutéronome tout autant que de Jérémie sur les exigences d’une véritable prophétie : il faut croire que le problème était aigu ; on peut se demander s’il ne l’est pas tout autant aujourd’hui et si d’ailleurs il ne l’est pas de tous les temps ?
    Il suffit de lire le premier chapitre de la deuxième lettre de Pierre, l’écrit le plus tardif peut-être de tout le Nouveau Testament : « Nous avons la parole des prophètes qui est la solidité même, sur laquelle vous avez raison de fixer votre regard comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur… Ce n’est pas la volonté humaine qui a jamais produit une prophétie, mais c’est portés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1, 19-21).
    ———————–
    Compléments
    – En parlant d’un « prophète comme Moïse », le livre du Deutéronome pensait peut-être à Samuel (cf 1 S 3, 19 – 4, 1) puisque Jérémie lui-même fait le rapprochement (cf Jr 15, 1).
    – Mais qui donc, au temps de la composition du livre du Deutéronome, avait intérêt à réveiller cette vieille histoire ? Le livre du Deutéronome est très tardif et s’adresse au peuple d’Israël, à une période cruciale, dans les années 600 av. J.C. Il faut croire qu’il circulait alors de nombreux faux prophètes et que les croyants désorientés étaient tentés d’écouter n’importe qui. Alors ce texte vient à point nommé rappeler qu’il ne faut pas se laisser berner par des prétendus prophètes : Dieu ne confie ni sa parole ni son peuple à la légère.
    – Lorsque la monarchie fut définitivement éteinte, en Israël, et que beaucoup perdirent tout espoir de voir naître le Messie-roi attendu, on relut dans ce texte du Deutéronome l’annonce d’un Messie-prophète. Cela explique les questions posées à Jean-Baptiste : « Es-tu le Prophète ? » (Jn 1,21).

    PSAUME – 94 (95), 1-2. 6-7. 8-9
    1 Venez, crions de joie pour le SEIGNEUR,
    acclamons notre Rocher, notre salut !
    2 Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
    par nos hymnes de fête acclamons-le !
    6 Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
    adorons le SEIGNEUR qui nous a faits.
    7 Oui, il est notre Dieu :
    nous sommes le peuple qu’il conduit,
    le troupeau guidé par sa main.
    Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
    8 « Ne fermez pas votre coeur comme au désert
    comme au jour de tentation et de défi
    9 où vos pères m’ont tenté et provoqué,
    et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

    Après l’insistance de la première lecture sur l’importance d’écouter la véritable parole de Dieu transmise par les prophètes, on n’est pas surpris d’entendre en écho « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? » Car le peuple d’Israël n’a pas toujours écouté docilement ses prophètes : y compris dans le désert quand il a eu bien des réticences à l’égard de Moïse lui-même ; et ce psaume justement est tout imprégné d’une expérience très négative qui s’est déroulée au désert.
    Si vous allez vérifier dans votre Bible le texte de la dernière strophe que nous venons d’entendre, voilà ce que vous lirez « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre coeur comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit ». Massa et Meriba, en réalité, ce sont deux lieux qui ne figurent sur aucune carte : l’histoire s’est passée à Rephidim (aujourd’hui on situe cette oasis dans le Sud du Sinaï, au Wadi Feiran). On a campé là, mais il n’y avait pas d’eau ; très vite, entre le peuple et Moïse, le ton a monté : faire camper tout le peuple dans un endroit où il n’y avait rien à boire, c’était certainement pour les faire tous mourir de soif ; c’est ce qu’on a pensé ; comme on pouvait s’y attendre, ce genre de récrimination a été ressentie par Moïse comme l’injure suprême ; lui, pourtant, continuait à faire confiance à son Dieu ; s’il les avait menés jusque-là, il saurait aussi les faire survivre. Et c’est là, en réponse à cette foi de Moïse et en pardonnant la méfiance du peuple, que Dieu a fait jaillir l’eau d’un rocher. Pour que cela ne se reproduise plus jamais, Moïse a donné à ce lieu mémorable le double nom de Massa et Meriba qui veut dire épreuve et querelle parce qu’on avait querellé Dieu.
    Et donc la strophe du psaume prend tout son sens : « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre coeur comme au désert où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit. » Dans cette simple strophe, est résumée toute l’aventure de notre vie de foi, personnelle et communautaire. C’est ce qu’on peut appeler, au vrai sens du terme, la « question de confiance ». Pour le peuple d’Israël, la question de confiance s’est posée à chaque difficulté de la vie au désert : « Le SEIGNEUR est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas ? » (Ex 17, 7), ce qui revient à dire « Peut-on lui faire confiance ? S’appuyer sur lui ? Etre sûr qu’il nous donnera à chaque instant les moyens de nous en sortir… ? »
    La Bible dit que la foi, justement, c’est tout simplement la confiance. Cette question de confiance, telle qu’elle s’est posée à Massa et Meriba, est l’un des piliers de la réflexion d’Israël ; la preuve, c’est qu’elle affleure sous des quantités de textes bibliques ; et, par exemple, le mot qui dit la foi en Israël signifie « s’appuyer sur Dieu » ; c’est de lui que vient le mot « Amen » qui dit l’adhésion de la foi : il signifie « solide », « stable » ; on pourrait le traduire « j’y crois dur comme pierre » (en français on dit plutôt « dur comme fer »).
    Et Isaïe, par exemple dit au roi Achaz « Si vous ne croyez pas, si vous ne vous appuyez pas sur Dieu, vous ne tiendrez pas » (Is 7, 9).
    Toute une autre série de textes brodent sur le mot « écouter », parce que quand on fait confiance à quelqu’un, on l’écoute. D’où la fameuse prière juive, le « Shema Israël » : « Ecoute Israël, le SEIGNEUR ton Dieu est le SEIGNEUR UN. Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton esprit, de toutes tes forces »… Tu aimeras, c’est-à-dire tu lui feras confiance.
    Pour écouter, encore faut-il avoir l’oreille ouverte : encore une expression qu’on rencontre à plusieurs reprises dans la Bible, dans le sens de mettre sa confiance en Dieu ; par exemple dans le psaume 39/40 : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu m’as ouvert l’oreille » ; ou encore dans ce chant du Serviteur d’Isaïe : « Le SEIGNEUR Dieu m’a ouvert l’oreille… » (Is 50, 5). Et les mots « obéir, obéissance » sont de la même veine : en hébreu comme en grec, quand il s’agit de l’obéissance à Dieu, ils sont de la même racine que le verbe écouter, au sens de faire confiance. En français aussi, d’ailleurs, puisque notre verbe « obéir » vient du verbe latin « audire » qui veut dire « entendre ».
    Cette confiance de la foi est appuyée sur l’expérience… Pour le peuple d’Israël, tout a commencé avec la libération d’Egypte ; c’est ce que notre psaume appelle « l’exploit de Dieu » : « Et pourtant ils avaient vu mon exploit. » Cette expérience, et de siècle en siècle, pour les générations suivantes, la mémoire de cette expérience vient soutenir la foi : si Dieu a pris la peine de libérer son peuple de l’esclavage, ce n’est pas pour le laisser mourir de faim ou de soif dans le désert.
    Et donc, on peut s’appuyer sur lui comme sur un rocher… « Acclamons notre rocher, notre salut », ce n’est pas de la poésie : c’est une profession de foi. Une foi qui s’appuie sur l’expérience du désert : à Massa et Meriba, le peuple a douté que Dieu lui donne les moyens de survivre… Mais Dieu a quand même fait couler l’eau du Rocher ; et, désormais, on rappellera souvent cet épisode en disant de Dieu qu’il est le « Rocher » d’Israël.
    Ce choix résolu de la confiance est à refaire chaque jour : « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? » Il faut lire cette phrase comme très libérante : chaque jour est un jour neuf, aujourd’hui, tout est de nouveau possible.
    Chaque jour nous pouvons réapprendre à « écouter », à « faire confiance » : c’est pour cela que ce psaume 94/95 est le premier chaque matin dans la liturgie des heures ; et que chaque jour les juifs récitent deux fois leur profession de foi (le Shema Israël) qui commence par ce mot « Ecoute ». Et le « Chant du Serviteur » d’Isaïe (cité plus haut) le dit bien : « Le SEIGNEUR Dieu m’a donné une langue de disciple… Matin après matin, il me fait dresser l’oreille, pour que j’écoute, comme les disciples. »
    Dernière remarque, le psaume parle au pluriel : « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? »… Cette conscience de faire partie d’un peuple était très forte en Israël ; quand le psaume 94/95 dit : « Nous sommes le peuple que Dieu conduit », c’est l’expérience qui parle ; dans toute son histoire, on pourrait dire qu’Israël parle au pluriel. « Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous » sous-entendu sans vous demander où vous en êtes chacun dans votre sensibilité croyante ; nous touchons peut-être là un des problèmes de l’Eglise actuelle : dans la Bible, c’est un peuple qui vient à la rencontre de son Dieu… « Venez, crions de joie pour le SEIGNEUR, acclamons notre rocher, notre salut ! »
    ——————————-
    Compléments
    Le récit du paradis terrestre, lui-même, peut se lire à la lumière de cette réflexion d’Israël sur la foi, à partir de l’épisode de Massa et Meriba : pour Adam, c’est-à-dire chacun d’entre nous, la question de confiance peut se poser sous la forme d’un obstacle, une limitation de nos désirs (par exemple la maladie, le handicap, la perspective de la mort)… Ce peut être aussi un commandement à respecter, qui limite apparemment notre liberté, parce qu’il limite nos désirs d’avoir, de pouvoir… La foi, alors, c’est la confiance que, même si les apparences sont contraires, Dieu nous veut libres, vivants, heureux et que de nos situations d’échec, de frustration, de mort, il fera jaillir la liberté, la plénitude, la résurrection.
    Pour certains d’entre nous la question de confiance se pose chaque fois que nous ne trouvons pas de réponse à nos interrogations : accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, accepter que les voies de Dieu nous soient impénétrables exige parfois de nous une confiance qui ressemble à un chèque en blanc… Il ne nous reste plus qu’à dire comme Pierre à Césarée, « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».
    Quand Saint Paul dit dans la lettre aux Corinthiens « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » on peut traduire « Cessez de lui faire des procès d’intention, comme à Massa et Meriba » ou quand Marc dit dans son Evangile « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », on peut traduire « croyez que la Nouvelle est bonne », c’est-à-dire croyez que Dieu vous aime, qu’il n’est que bienveillant à votre égard.

    DEUXIEME LECTURE – 1ére lettre de Saint Paul aux Corinthiens 7, 32 – 35
    Frères,
    32 j’aimerais vous voir libres de tout souci.
    Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur,
    il cherche comment plaire au Seigneur.
    33 Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde,
    il cherche comment plaire à sa femme,
    et il se trouve divisé.
    34 La femme sans mari,
    ou celle qui reste vierge,
    a le souci des affaires du Seigneur,
    afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit.
    Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde,
    elle cherche comment plaire à son mari.
    35 C’est dans votre intérêt que je dis cela ;
    ce n’est pas pour vous tendre un piège,
    mais pour vous proposer ce qui est bien,
    afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

    « Etre attachés au Seigneur sans partage », décidément, c’est la seule chose qui compte pour Saint Paul ; il faut garder en mémoire la belle formule que nous avons lue dimanche dernier : « Le temps est limité », littéralement « le temps a cargué ses voiles » comme un navire qui arrive au port. Traduisez « l’histoire humaine arrive à son terme, le Christ vient accomplir le dessein de Dieu, c’est-à-dire nous réunir tous en lui. »
    Mais on pouvait très bien s’appuyer sur cette imminence du Royaume pour tomber dans deux excès contraires, et apparemment, les Corinthiens n’y échappaient pas : certains se livrant à la débauche, sous prétexte que « seul le royaume compte et que ce que l’on fait dans la vie quotidienne ne compte pas, on peut donc faire tout ce qu’on veut, Jésus nous a libérés » ; d’autres au contraire, méprisant la sexualité, se prenant pour des « surhommes », prêchant la continence à tout prix et soutenant « qu’il est bon pour l’homme de s’abstenir de la femme » (c’est au début du chapitre 7).
    Nous avons lu au deuxième dimanche la réponse de Paul aux débauchés : elle était on ne peut plus claire : « Frères, fuyez l’impureté… Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu… » (1 Co 6, 18-19). Ici il s’attaque à l’excès inverse : ceux qui prêchent la continence absolue dans le mariage ou plus radicalement le célibat ; il a commencé très prudemment en précisant en début de chapitre qu’il ne fait que répondre à des questions qu’on lui a posées : « Venons-en à ce que vous m’avez écrit » (7, 1).
    Il a d’autant plus de raisons d’être prudent que la question du célibat était déjà très controversée chez les Juifs : pendant des siècles, la méditation des phrases de la Genèse « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul » (Gn 2, 18) et « Soyez féconds et prolifiques » (Gn 1, 28) avait conduit à considérer que le seul état de vie normal pour le croyant était le mariage ; à tel point que les eunuques ne pouvaient ni être prêtres (Lv 21, 20), ni même entrer dans l’assemblée du Seigneur (Dt 23, 2). Et la stérilité était ressentie comme une honte et une malédiction : « Dieu a enfin enlevé mon opprobre », s’écrie Rachel en mettant au monde son premier fils (Gn 30, 23).
    Après l’Exil à Babylone, ce mépris pour les célibataires et les eunuques s’était estompé dans les textes bibliques. On en a la preuve dans un texte du prophète Isaïe après l’Exil à Babylone : on avait ouvert les portes des synagogues aux eunuques s’ils désiraient vraiment s’agréger à la communauté des croyants. (cf Is 56, 3-5 et Sg 3, 14). Mais l’opinion populaire est restée longtemps réticente au choix délibéré pour le célibat ; Paul, lui, lutte certainement contre ce mépris ; il n’a d’ailleurs de mépris pour personne, ni pour les gens mariés, ni pour les célibataires.
    Il ne fait pas non plus de théorie : il ne nous propose pas un cours sur le mariage, le célibat et la vie sexuelle en général ; il veut encore moins donner de directives contraignantes : « Je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien… c’est votre intérêt à vous que je cherche » ; seulement, il constate : il y a des célibataires qui savent user de leur liberté pour se consacrer à Dieu et aux autres. Il arrive également que la vie du couple occupe tellement l’horizon des amoureux qu’ils en délaissent leur vie spirituelle ; il faut croire qu’il avait ces deux sortes d’exemples sous les yeux…
    Paul avait également rencontré des couples mariés auxquels le Baptême de l’un des deux avait posé des problèmes insurmontables : il en a parlé explicitement dans les versets précédents. Car lorsqu’un couple entendait parler de la foi chrétienne, il arrivait que l’un des deux se convertisse et pas l’autre : comment dans ce cas le nouveau baptisé pouvait-il être attaché au Seigneur sans partage ?
    Mais l’inverse peut se produire aussi : que l’amour vécu dans le mariage soit un chemin de progression dans l’amour de Dieu et des frères ; et que, au contraire, des célibataires se recroquevillent dans leur égoïsme. Deux types d’attitudes que nous connaissons bien mais que Paul préfère ne pas évoquer dans l’ambiance de mépris du célibat qui prévalait alors.
    Son seul objectif est la propagation de l’évangile. A chacun de choisir l’état de vie qui lui permet d’être le plus disponible : la seule chose qui compte, c’est que nous soyons « attachés au Seigneur sans partage », car nous sommes dans les derniers temps. Cette perspective seule doit occuper notre esprit ; il dit bien : « J’aimerais vous voir libres de tout souci. » Il faut croire que c’est très important pour lui puisque le mot « souci » revient cinq fois dans ce court passage ! On entend résonner ici la phrase de la lettre aux Philippiens (Phi 4, 5-7) : « Le Seigneur est proche. N’entretenez aucun souci, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnée d’action de grâce, faites connaître vos demandes à Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ. »
    ————————
    Complément
    Le célibat volontaire, jusque-là inconnu dans le Judaïsme, avait fait son apparition à Qumran, dans un milieu qui, précisément, vivait ardemment l’attente du Jour de Dieu.

    EVANGILE – selon saint Marc 1, 21-28
    21 Jésus, accompagné de ses disciples,
    arrive à Capharnaüm.
    Aussitôt, le jour du sabbat,
    il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
    22 On était frappé par son enseignement,
    car il enseignait en homme qui a autorité,
    et non pas comme les scribes.
    23 Or, il y avait dans leur synagogue
    un homme tourmenté par un esprit impur,
    qui se mit à crier :
    24 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
    Es-tu venu pour nous perdre ?
    Je sais qui tu es :
    Tu es le Saint de Dieu. »
    25 Jésus l’interpella vivement :
    « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
    26 L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
    puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
    27 Ils furent tous frappés de stupeur
    et se demandaient entre eux :
    « Qu’est-ce que cela veut dire ?
    Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
    Il commande même aux esprits impurs,
    et ils lui obéissent. »
    28 Sa renommée se répandit aussitôt partout,
    dans toute la région de la Galilée.

    Je prends le texte dans l’ordre : Jésus vient tout juste de recruter ses quatre premiers disciples au bord de ce que nous appelons aujourd’hui le lac de Tibériade : Simon et André son frère, d’abord, puis Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Avec eux, il « arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rend à la synagogue » : rien de plus normal pour un Juif ; Marc note ici l’enracinement de Jésus dans le monde juif, dans la tradition de son peuple. Quand ce même Jésus a commencé à parcourir la Galilée en proclamant : « Le temps est accompli, le Règne de Dieu s’est approché » (Mc 1, 15), il s’inscrivait bien dans l’attente de son peuple, dans la continuité du projet de Dieu sur Israël. Et là, dans la synagogue de Capharnaüm, il se met à enseigner. Rien de plus normal, non plus : tout Juif avait le droit de se présenter pour commenter les Ecritures qui venaient d’être lues.
    Mais il semble bien que Marc ait voulu concentrer l’intérêt du lecteur sur l’enseignement de Jésus, puisque les mots « enseigner » et « enseignement » reviennent quatre fois en quelques lignes :
    au début du texte « Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. » Et à la fin du texte : « Tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! » Peut-être, parmi les assistants, certains ont-ils pensé à la promesse que Dieu avait faite à Moïse : « Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles. » (Dt 18, 18 ; première lecture).
    C’est donc au coeur même de cet enseignement de Jésus que Marc note une rupture, une nouveauté : l’histoire du monde vient de basculer ; à l’enseignement des scribes vient de se substituer celui du Sauveur ; et on va en avoir tout de suite la preuve, car Marc ne nous rapporte pas ce que Jésus a bien pu dire, mais, bien mieux, entre ces deux insistances sur l’étonnant enseignement de ce nouveau venu, Marc décrit l’expulsion d’un démon, ce que nous appellerions aujourd’hui un « exorcisme ». Ce qui veut dire que pour Marc les deux facettes de l’oeuvre de Jésus (enseignement et exorcisme) vont ensemble ; ou même que le meilleur des enseignements est l’action, la vraie, celle qui libère l’homme de toute forme de mal.
    Et tout ceci, nous l’avons vu, se passe à la synagogue (Marc le précise deux fois) et, qui plus est, un jour de sabbat, ce qui n’est pas non plus sans importance ! Puisque le sabbat était le jour par excellence où l’on célébrait l’action du Dieu créateur et libérateur. En Jésus, Marc nous montre le Père libérant l’homme de tous les démons qui le possèdent : les temps sont accomplis, oui, puisque le Mal est vaincu.
    (« Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le règne de Dieu vient de vous atteindre. » Mt 12, 28).
    Il y avait donc ce jour-là, parmi les croyants réunis à la synagogue, un homme possédé d’un esprit impur ; Jésus ne l’agresse pas, mais l’esprit impur, lui, se sent agressé par cette seule présence. Car ce face à face avec le Dieu Saint lui est intolérable, lui qui est l’impur, c’est-à-dire en grec le contraire même, l’incompatible avec le Dieu Saint. Et c’est lui qui crie, annonçant lui-même sa défaite : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » (v. 24). L’esprit impur a tout compris, son interrogation « Es-tu venu pour nous perdre ? » n’en est pas une. Mis en présence de celui qui sauve les hommes de tout mal, il se démasque lui-même, reconnaissant l’autorité de Jésus.
    Cette fois, Jésus hausse le ton : « Silence ! Sors de cet homme. »
    Et il emploie pour cela un verbe étonnant que nous retrouverons (adressé à la mer déchaînée) dans le récit de la tempête apaisée : « Sois muselé » (phimoô).
    Mais pourquoi Jésus commande-t-il à l’esprit impur de se taire ? Il s’agit peut-être de ce que l’on appelle le « secret messianique » : Jésus ne voulant pas que le mystère de sa personne soit divulgué trop tôt, avant que ses disciples ne soient prêts à l’entendre. Plus simplement, ce ne sont pas des belles paroles que Jésus attend : car une déclaration, même exacte, ne constitue pas forcément une profession de foi ; et comme très souvent dans les évangiles, ce sont les démons qui font les plus belles déclarations.
    Encore un cri de l’esprit impur et cette fois l’homme possédé est délivré ; alors les langues se délient pour reconnaître l’importance de l’événement : « Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » (v. 27). Le récit de Marc se clôt donc sur une question : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » C’est bien le rôle des miracles et des actes de puissance de Jésus en général : ils interrogent, ils font signe.
    Reprenons maintenant l’ensemble du texte du point de vue de ses lecteurs : parce qu’un texte, quel qu’il soit, et un évangile plus que tout autre, vise toujours des lecteurs.
    Quand Marc écrit son évangile, bien des années après la résurrection de Jésus, il propose à ses lecteurs chrétiens une contemplation qui doit les encourager à tenir bon dans la foi : un peu comme si Marc leur disait « les quatre disciples qui accompagnent Jésus dès le début de son enseignement et de ses oeuvres, c’est l’Eglise naissante ; eh bien, c’est vous qui êtes appelés désormais à annoncer cette Bonne Nouvelle à toute l’humanité ; (ce que laisse entendre ce chiffre de quatre).
    Vous êtes cette Eglise désormais détachée du Judaïsme, (il faudrait dire déchirée), et dont le déchirement était en germe, déjà, dans l’opposition latente entre Jésus et les scribes.
    Mais vous pouvez faire confiance à Celui dont la Parole efficace a déjà vaincu les forces du Mal. Celui-ci, il est vrai, agite encore l’humanité et même le peuple croyant ; mais ses cris même et son agitation sont les convulsions de la fin : le Mal est vaincu depuis la Résurrection du Christ. Mes frères, la vérité du Christ, son autorité, vous en êtes les dépositaires ; avec lui, à votre tour, vous musellerez les forces du Mal. »
    A la synagogue de Capharnaüm, les contemporains de Jésus se sont étonnés (« Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »), mais pour les lecteurs de Marc, comme pour nous aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin : il s’agit de croire en celui qui seul peut libérer l’humanité de toutes les forces du Mal.


  • Homélie du dimanche 28 janvier

    Dimanche 28 janvier 2018
    4éme dimanche du temps ordinaire

    Références bibliques :
    Première lecture « Je ferai se lever un prophète ; je mettrai dans sa bouche mes parole… Dt 18, 15-20
    Psaume Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
    mais écoutez la voix du Seigneur. 94 (95), 1-2, 6-7abc…
    Deuxième lecture La femme qui reste vierge a le souci des affaires du Seigneur, afin d’… 1 Co 7, 32-35
    Évangile « Il enseignait en homme qui a autorité » Mc 1, 21-28
    ***
    Jésus vient d’appeler les premiers disciples et ensemble ils pénètrent à Capharnaüm. Ils vont l’entendre enseigner, pour la première fois, à la synagogue, le lieu de réunion de la communauté à l’écoute de la Parole transmise par la Loi et les Prophètes.
    PLUS QU’UN SCRIBE .
    La scène se centre sur Jésus qui enseigne avec autorité et se fait obéir d’un esprit impur, qu’il chasse. L’enseignement de Jésus est mis en contraste avec celui des scribes, pourtant spécialistes des Ecritures (1, 22). Il n’enseigne rien qui soit nouveau ou contraire à la doctrine. Ce n’est pas une doctrine nouvelle qu’il apporte.Mais ce qui est nouveau, c’est le ton d’autorité, une manière d’enseigner.
    Et dans le même temps, ce qui est nouveau, c’est son pouvoir sur les esprits mauvais : »Ils lui obéissent ». Jésus ne discute pas avec eux. Il coupe court à toute conversation. Et là on retrouve la netteté des réponses au terme des quarante jours au désert. : Jésus affirme et peut affirmer : » Il est la Vérité. »
    Dans la synagogue de Capharnaüm, Jésus devance ainsi tous les enseignements convenus, comme le sont ceux des scribes. Il n’en reste pas à un commentaire. Par sa Parole, il rejoint l’être humain dans sa plénitude du bien possible et du mal vécu.
    Le texte qui nous transmet la Parole de Dieu doit nous donner de rejoindre l’être divin dans la plénitude de sa pensée et de son amour vécu.
    PLUS QU’UN PROPHÈTE
    Dans le texte de l’Ancien Testament que la liturgie de l’Église place en première lecture, le Deutéronome, il nous est rappelé que le Christ se situe par delà les prophètes.
    Moïse était considéré comme le plus grand des prophètes ; il était même l’intermédiaire, le médiateur entre Dieu et le peuple. Celui-ci avait peur de la révélation directe de Dieu : je ne veux plus voir cette flamme divine à l’approche mortelle.
    Et voici qu’est annoncé un nouveau Moïse : un prophète comme toi. Le Seigneur lui mettra ses propres paroles dans sa bouche, il sera la parole même de Dieu.
    Si quelqu’un ne l’écoulé pas, cela aura des conséquences graves : moi-même, je lui en demanderai compte. Refuser ce prophète, c’est refuser Dieu. . Le prophète prête sa bouche, sa voix, à Dieu lui-même. .
    D’une certaine façon, il est dans l’impossibilité vitale de dire autre chose que la Parole de Dieu. Sa vie est une vie totalement dépendante de Dieu,
    Par ce passage du Deutéronome, La liturgie nous fait lire ce texte comme prélude à la manifestation publique de Jésus, plus grand que Moïse : « Il enseigne avec autorité », il est le » Saint de Dieu » (évangile).
    LE COMBAT ENTRE JÉSUS ET LE MAL
    Le cri que pousse l’homme tourmenté quand il est libéré est comme une parole informe, sans origine et sans Dieu. Jésus ne touche pas cet homme, il n’essaie pas non plus de le convaincre. Il s’adresse directement à cette partie de lui où la Parole est prisonnière dans le désert du mal, de la violence et de tous les esprits mauvais, là où pour chacun d’entre nous se livre un combat permanent.
    Ce que dit cet homme dans la synagogue semble bien confesser que Jésus est Seigneur. Mais cette révélation est refusée par le silence qu’exige Jésus. Comme nous y invite le livre du Deutéronome (18, 19) sachons écouter la parole de Jésus, avec l’acte de foi et d’espérance pour qu’elle puisse cheminer en nous, nous toucher, nous transformer, nous unifier…
    Ce silence imposé signifie donc que ce n’est pas encore le moment. La plénitude de la sainteté de Jésus et du salut qu’il apporte ne peut être révélée que par sa mort et sa résurrection.
    Il est le « saint de Dieu ». Saint Marc note ainsi que le langage de Dieu, le mystère la Parole de Dieu, n’est recevable que un rapport personnel de confiance, et non dans une domination. Jésus ne s’impose pas et n’impose pas son enseignement ; il nous invite à une démarche personnelle.
    LE SAINT DE DIEU
    La guérison est racontée comme un combat entre Jésus et l’esprit du mal. Celui-ci essaie de conjurer le danger : Que nous veux-tu ? Jésus l’interpelle : Silence ! Sors ! Le combat continue dans les convulsions du malade qui est secoué avec violence et pousse un grand cri.
    La puissance de Jésus, sa maîtrise du mal sont telles que les gens en sont saisis de frayeur et se demandent : Qu’est-ce que cela veut dire ? Et déjà, le voile se lève discrètement sur le mystère de Jésus, sur son « secret » : Voilà un enseignement nouveau !
    Serait-ce la nouveauté des temps messianiques ? Jésus serait-il le Messie ? Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent ; il est plus fort que le Mal. Et c’est le démon qui révèle Jésus avec le moins d’ambiguïté : Tu es le Saint, le Saint de Dieu ! Attribut réservé à Dieu lui-même.
    C’est d’une telle clarté et d’une telle audace que Jésus le fait taire : Silence ! La foule n’est pas encore prête à recevoir cette découverte inouïe. Et Jésus veut que, pour l’instant, cela soit tenu secret.
    Nous aussi, au milieu des remous de notre existence, du combat qui est en nous comme autour de nous entre le Bien et le Mal, il faut nous poser cette question.
    Qui es-tu, Jésus ? Pour moi ! Comme pour tous les témoins partageant notre vie quotidienne.


vendredi 19 janvier 2018

  • Voeux 2018 de Mgr Denis Moutel à la Maison Saint-Yves

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    Vœux de Mgr Denis Moutel

    Notre nouvelle maison diocésain, la Maison Saint-Yves, nous donne aujourd'hui la possibilité d'une rencontre plus large qu'habituellement, à l'occasion de la nouvelle année et des vœux. Présenter ses vœux, c'est toujours choisir des mots qui sont un peu trop grands pour nous. Nous ne sommes pas sûr de vivre la fraternité - quant à la santé, nous n'en sommes pas maîtres ! -. Nous pouvons cependant nous autoriser les uns et les autres à prononcer ces vœux de notre cœur en raison même, je crois, de l'invitation de notre synode diocésain « Choisir l'espérance ». Suivant les mots de l'apôtre Paul, dans la deuxième lettre au Corinthiens, notre regard ne s'attache pas à ce qui se voit mais à ce qui ne se voit pas. Dans l'espérance, ce qui compte, c'est de se mettre en mouvement et non pas la certitude du résultat ou de l'état que nous pouvons atteindre.

    Je vais vous appeler de nouveau à cette espérance en évoquant quelques points de notre synode et de notre vie dans la Maison Saint-Yves :

    • Mieux accueillir, briser la solitude. Je souhaite de tout mon cœur à chacun de recevoir paix et bonheur autant qu'il est possible dans votre quotidien, de nous accueillir les uns et les autres et de nous efforcer de combler les lacunes que les aléas de la vie peuvent engendrer en forme de solitude pour certains d'entre nous ou de nos proches. Le cœur de Dieu n'abandonne aucun de ses enfants et nous charge d'aller à la rencontre de ceux dont nous pensions qui sont loin de l'Église mais qui ne sont pas loin du cœur de Dieu. Ayons le souci des uns et des autres dans le partage respectueux des épreuves mais aussi dans la manière dont nous travaillons, dans la justesse de nos collaborations et des missions confiées.
    • Le patrimoine n'est pas une chose morte, ce n'est pas un musée. Notre synode diocésain nous entraîne à aller à la source, revisiter plus résolument le trésor qui nous est confié et dont nous avons la marque et l'inscription dans la pierre, les peintures, celui de vie chrétienne, celui de notre baptême. Nos nombreux visiteurs [de la Maison Saint-Yves], dans leur diversité, marquent souvent un temps d'arrêt, de recueillement presque, sur le parvis et dans la chapelle.
    • Servir les personnes. C'est un lieu important de discernement pour la vérité de ce que nous vivons dans notre Église diocésain. L'appel du pape François est vibrant pour nous appeler à vivre vraiment l'Évangile, d'accepter le changement qui va avec l'accueil. Que pouvons-nous changer pour être acteur de paix et de justice dans notre entourage, dans notre diocèse ? L'Escale Familles marque fortement cette invitation à mettre les personnes en difficulté au centre de nos préoccupations.

    Cette année, il y a peut-être deux points d'attention particuliers :

    • L'accueil des migrants et des réfugiés appelle la responsabilité des pouvoirs publics, la prudence des gouvernants mais aussi l'ouverture du cœur et la conversion de tout un chacun pour accueillir, protéger, promouvoir, intégrer. Le pape nous présente ce point non pas comme une idéologie ou une utopie mais comme un point de réalisme, d'authentification véritable de l'Évangile. Le pire qui puisse arriver sur cette question, c'est quand cette grave question des migrations est polluée par des idéologies ou par des calculs politiques qui utilisent nos peurs. Le pape François nous invite à transformer les forces de la peur en force de la charité. Il n'y a pas d'autre remède que la rencontre.
    • A travers le lancement officiels des États généraux de la bioéthique , nous n'avons pas à ce sujet à imposer un point de vue catholique qui se substituerait à tous les autres. Nous n'avons pas à entrer dans une rébellion qui serait, à mon avis, contre-productive. Ni rébellion, ni défaitisme ou de fatalisme parce qu'à cause du christianisme, nous portons - quant à la personne humaine et à sa valeur - des propositions qui ne sont pas que des propositions de foi mais aussi des propositions raisonnables. C'est de parler en raison, sereinement, en acceptant par avance les différences mais en prenant aussi toute notre place comme chrétiens baptisés.
    • Un élan missionnaire qui nous porte dans la dynamique du synode pour ne pas dire : 'on a toujours fait comme ça, on va bien continuer comme avant'. Dans les paroisses, les mouvements, les communautés, on s'efforce de choisir, de discerner ce qui pourra être le meilleur, ce que le Seigneur, par son Esprit-Saint, demande à chacun de mettre en œuvre. La Maison Saint-Yves, c'est le lieu où on vient mais c'est aussi un lieu d'où l'on part, où on va vers les autres, qui offre de beaux moyens pour être au service de l'évangélisation. La Maison Saint-Yves n'est pas un lieu de centralisation mais de service, de formation, de témoignage.

  • Trois jeunes français délégués au pré-synode des jeunes en mars à Rome par la Conférence des évêques de France

    Dédier un temps spécifique d’échanges et de réflexion avec des jeunes autour du thème du synode qui aura lieu en octobre prochain sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », tel est l’objectif du pré-synode qui se tiendra en mars.
    Réunis du 19 au 24 mars, près de 300 jeunes venus du monde entier se retrouveront pendant une semaine à Rome. Délégués par les conférences épiscopales mais représentant également des mouvements, congrégations, séminaires, ils auront l’occasion d’échanger et de débattre sur leurs désirs et leurs inquiétudes. Ce pré-synode est une implication directe des jeunes dans la démarche synodale voulue par le pape François.
    Pour la Conférence des évêques de France, à l’invitation du Cardinal Baldisseri, Secrétaire général du synode, c’est Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes qui a appelé trois jeunes engagés dans l’Église au plan local et/ou national afin qu’ils soient les porte-paroles de la jeunesse française.
    Claire Caralp, 29 ans, originaire du diocèse d’Arras est ingénieur. Jeune professionnelle, elle est engagée en tant que Présidente de la coordination des jeunes professionnels (CoJP). La CoJP accompagne et soutient les groupes de jeunes professionnels en régions. Elle permet l’organisation d’événements nationaux pour les 25-35 ans.
    Eugénie Paris, 25 ans est responsable de la pastorale étudiante du diocèse de Rouen. La mission principale de la pastorale étudiante du diocèse est de coordonner les propositions de l’Église diocésaine adressées aux jeunes étudiants.
    Adrien Louandre, 22 ans est étudiant à Amiens. Il est membre du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). Adrien est également membre de l’Ecclesia’s team qui anime le Réseau Ecclesia Campus des aumôneries étudiantes.
    L’objectif de ce pré-synode qui se terminera par la messe des Rameaux avec le Pape François place Saint-Pierre, est de nourrir la réflexion des pères synodaux. Cette contribution directe des jeunes viendra compléter les autres démarches de consultation qui ont été déployées depuis la sortie du document préparatoire au synode et qui aboutiront à la rédaction de l’Instrument de travail prévu pour mai:

    Le questionnaire mis en ligne par le Vatican qui a donné lieu à près de 130 000 réponses de jeunes venues du monde entier.
    Les réponses des conférences épiscopales au questionnaire destiné aux acteurs pastoraux. La synthèse française est disponible ici.
    Les travaux du séminaire international d’études sur la situation des jeunes qui s’est déroulé à Rome en septembre dernier.

    Le synode des évêques aura lieu quant à lui du 3 au 28 octobre et réunira des évêques du monde entier délégués par les Conférences épiscopales. Il devrait accueillir en son sein 30 à 40 jeunes comme auditeurs qui pourront écouter et intervenir en assemblée plénière et lors des groupes de travail linguistiques.
    Découvrez les portraits vidéo des jeunes

    Eugénie PARIS, diocèse de Rouen
    Cliquez sur l’image pour regarder la présentation

    Adrien LOUANDRE, diocèse d’Amiens
    Cliquez sur l’image pour regarder la présentation

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mercredi 17 janvier 2018

  • Vient de paraître : N'oublions pas Tibhirine !
    Éditions Bayard Date de parution : 10/01/2018 Prix : 16,90 € En 1996, sept moines de Tibhirine, en Algérie, sont enlevés et assassinés, ce qu'a raconté le film Des hommes et des dieux (2011). Très vite après le drame, le projet d'une nouvelle communauté pour perpétuer la présence monastique échoue. En (...)

mardi 16 janvier 2018

  • RCF : Franciscains, dominicains et jésuites : des ordres fondés par "trois génies de l'humanité"
    Le rayonnement des jésuites, des dominicains et des franciscains est tel que leur héritage spirituel et intellectuel n'appartient pas qu'aux chrétiens mais à l'humanité entière. Émission présentée par Christophe Henning Franciscains, dominicains et jésuites. Ces trois ordres religieux sont les "gardiens (...)

  • Migrants : trouver une réponse commune
    Pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié (JMMR), Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France ; Monseigneur Georges Colomb, Évêque de La Rochelle et Saintes, membre de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l'Église au (...)

  • Lancement de la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens

    Chaque année, la « Semaine de prière pour l’Unité Chrétienne » est un temps fort qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toute confessions du 18 au 25 janvier.
    Un comité international – composé de représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Rome) et de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises (Genève) – publie chaque année un document sur un thème préparé par un groupe interconfessionnel d’un pays. Il propose un thème biblique, un schéma de célébration œcuménique et des prières quotidiennes.
    Cette année, ce sont les Églises des Caraïbes qui nous invitent à prier pour l’unité avec un thème issu du cantique de Moïse et Myriam en Ex 15,1-21 : « Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur ».

    Au cours de son assemblée de printemps chaque année, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) – qui rassemble des responsables de toutes les familles ecclésiales – discute des destinataires possibles pour les offrandes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité chrétienne (18-25 janvier). Cette année c’est le soutien à la mise en place du Label « Église verte » qui a été choisi. Le site du Label sera accessible à partir du 18 janvier.


lundi 15 janvier 2018

  • #INVISIBLES : un film pour dénoncer la traite des enfants
    Les soeurs de la congrégation de Norte Dame de Charité du Bon Pasteur font parties d'un collectif de 25 associations réunies pour lutter ensemble contre la traite des êtres humains. La traite des êtres humains est perçue en France comme un drame lointain qui nous concerne peu. C'est encore plus vrai (...)

  • Human Flow, un documentaire qui pose un nouveau regard sur la crise des réfugiés
    Sortie 7 février 2018 (2h 20min) Un film documentaire de Ai Weiwei Avec Boris Cheshirkov, Peter Bouckaert Synopsis et détails Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s'agit du plus important (...)

  • 8 février 2018 – Journée réflexion et prière contre la traite humaine
    En 2015, le Pape François a institué le 8 février, fête de Ste Bakhita, comme Journée internationale de prière et de sensibilisa-tion contre la traite des êtres humains (JMPT). La Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes (GMPT), qui sera célébrée le 8 février 2018, aura (...)

  • Les festivals chrétiens du cinéma

    Crées pour certains il y a plus de vingt ans, les festivals chrétiens du cinéma sont organisés par les diocèses ou des associations œcuméniques qui ont pour mission de promouvoir un regard chrétien sur le cinéma.
    Ces festivals mettent en lumière des films qui véhiculent et transmettent des valeurs humaines chrétiennes.
     En France, plusieurs festivals chrétiens du cinéma sont organisés (proposés par date).

    Du 9 janvier au 6 février 2018 : 6ème édition du cycle « Regards œcuméniques » sur les films récompensés par le Jury Œcuménique de Cannes. À Lyon, comme chaque année à l’occasion de la Semaine pour l’Unité des chrétiens, le sanctuaire catholique Saint-Bonaventure et le Grand Temple de l’église protestante unie de France proposent un cycle de films ayant été récompensés par les jurys œcuméniques. Ces films seront projetés au cinéma Bellecombe (61 rue d’Inkermann, Lyon 6ème).
    Contact : Grand Temple de Lyon et Sanctuaire Saint-Bonaventure de Lyon/M. Pierre QUELIN pquelin@orange.fr/06 73 22 43 44
    Plus d’information

    Du 20 au 21 janvier 2018 : 31ème festival chrétien du cinéma de Bois-Colombes sur le thème « Aller jusqu’au bout de ses rêves (ou de soi) » à la salle Jean Renoir à Bois-Colombes (92). Depuis 1985, les communautés catholique et protestante d’Asnières-Bois-Colombes organisent conjointement le Festival chrétien du cinéma. Ce festival qui veut conjuguer plaisir cinéphile et réflexion, s’adresse à tous.
    Contact : Paroisse catholique Notre-Dame de Bon Secours/Saint-Marc et paroisse protestante de Centre 72 / M. Daniel Goudineau family goudineau@aol.com / 06 76 93 07 02
    Plus d’informations

    Du 20 au 21 janvier 2018 : 6ème rencontres chrétiennes du cinéma sur le thème « Grandir et naître » au cinéma Olbia à Hyères les Palmiers (83).
    Contact : Paroisse  et Église protestante  de Hyères  – Jean-Louis BANES – jean-louis.banes@orange.fr – 06 73 48 34 18
    Du 20 au 27 janvier 2018 : 21ème festival chrétien du cinéma sur le thème « En quête de…sens » à Montpellier (34). Le Festival Chrétien du Cinéma propose de nombreuses projections et débats avec un regard chrétien sur la production cinématographique. Lieu : Corum, cinéma indépendant, Salle Rabelais, et à Béziers (34).Contact : Chrétiens et Cultures P. Luc JOURDAN- chretiensetcultures@gmail.com oujourdan-luc@wanadoo.fr/06 11 17 98 40/  04 67 64 14 10
    Plus d’informations

    Du 14 au 21 février 2018 : 7ème semaine chrétienne du cinéma au CineMoViKing à Saint Lô (50). Contact : diocèse de Coutances et Avranches P. Olivier LE PAGE – olepage@gmail.com / 06 33 73 07 58
    Du 15 au 17 février 2018 : Journées chrétiennes du cinéma à Sées
    Le Rex, place de la 2ème D.B., à Sées (61).
    Contact : service diocésain de la pastorale des jeunes /02 33 81 15 15
    Du 3 au 20 avril 2018 9ème édition des Hommes et des films sur le thème « La paix » : organisée par le diocèse de Lille, il se tiendra dans plusieurs villes : Lille, Dunkerque, Tourcoing,
    Contact : Fanny MAGDELAINE – festivaldufilm@lille.catholique.fr / 06 60 56 49 35
    Du 12 au 19 août 2018 : 2ème semaine Mariale de Biarritz (64)
    Contact : Paroisse Notre Dame du Rocher
    Plus d’informations

    Du 1 au 4 novembre 2018 : 8ème Journées Cinéma et Réconciliation sur le thème « Transmettre » au Sanctuaire Notre Dame de la Salette (38) cinemalasalette@gmail.com.
    Contact : ACRS – André FERRANTI – andre.chelo@orange.fr – 06 82 84 66 43
    Plus d’informations

    Du 13 au 17 octobre 2018 : 7ème Festival chrétien de Cinéma à Mulhouse sur le thème « L’humain (sur) connecté » au cinéma Palace Lumière à Altkirch (68).
    Contact : Commission cinéma de l’Observatoire Foi et culture -Rodolphe VIGNERON – r.vigneron@outlook.fr – 03 89 61 79 25
    Du 15 au 17 novembre 2018 : Festival « Enfances dans le monde » organisé par le BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance) au cinéma Les 7 Parnassiens à Paris (98 boulevard du Montparnasse, 75014 Paris).
    Contact : Julianne de la Fontaine 01 53 35 01 12 ou Pascale Krammer / 06 11 96 32 69
    Plus d’information

    Des propositions de retraite autour du cinéma existent aussi. En voici quelques-unes :

    Centre du Haumont (59) De la jalousie à la louange, du 18 au 23 février
    Centre culturel de la Pourraque (84) Laissez-vous réconcilier, 9 au 11 mars
    Tarascon (13) organisée par Jésuites en Provence, du 7 au 12 mai

     

    Le réseau SIGNIS-Cinéma a vu le jour en septembre 2017 à Cannes. Il propose l’animation d’un réseau national, de lien avec les distributeurs professionnels, une aide aux diocèses, paroisses et mouvements dans leurs activités cinéma, de critiques pour la partie francophone, du site signis.net et de présence dans les festivals de Cannes, Toulouse, Besançon, etc.


  • Commentaires du dimanche 21 janvier

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 21 janvier 2018
    3éme dimanche du temps ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – livre de Jonas 3, 1-5. 10
    1 La parole du SEIGNEUR fut adressée de nouveau à Jonas :
    2 « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne,
    proclame le message que je te donne sur elle. »
    3 Jonas se leva et partit pour Ninive,
    selon la parole du SEIGNEUR.
    Or, Ninive était une ville extraordinairement grande :
    il fallait trois jours pour la traverser.
    4 Jonas la parcourut une journée à peine
    en proclamant :
    « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
    5 Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu.
    Ils annoncèrent un jeûne,
    et tous, du plus grand au plus petit,
    se vêtirent de toile à sac.
    10 En voyant leur réaction,
    et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise,
    Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

    Le livre de Jonas est très court : il doit faire quatre pages, tout au plus. Il a été écrit très tard vers le quatrième ou troisième siècle av.J.C. Il prétend raconter une histoire qui serait arrivée à un prophète du nom de Jonas, cinq cents ans auparavant ; mais en réalité c’est une fable, un conte plein d’humour mais surtout de leçons pour ses contemporains et pour nous. Encore faut-il savoir lire entre les lignes.
    Voici le conte : il était une fois, en Israël, un petit prophète plein de bon sens qui s’appelait Jonas. Dieu lui dit : Il ne suffit pas que tu cherches à convertir mon peuple dans ton pays minuscule. Je t’envoie en mission à Ninive (sur les cartes d’aujourd’hui, les ruines de Ninive sont tout près de Mossul au nord de l’Irak actuel). Jonas aurait bien voulu obéir à Dieu, mais le bon sens a parlé, plus fort que Dieu lui-même ; car Ninive à l’époque, (au huitième siècle), c’était l’ennemi juré, déjà, la capitale de l’empire le plus dangereux pour Israël, une grande ville très puissante et assoiffée de conquêtes. Un empire païen, bien sûr, et chez qui un petit prédicateur juif ne pouvait que risquer inutilement sa vie. Quand on voit comme il est dur, déjà, d’essayer de convertir Israël… non vraiment c’est trop demander… mission impossible… courir des risques, se fatiguer pour son propre peuple, passe encore… mais pour ces païens !… Et puis, Ninive était une très grande ville ! Il fallait trois jours pour la traverser sans s’arrêter. Que serait-ce s’il fallait s’arrêter pour prêcher à chaque coin de rue…
    Jonas fait donc la sourde oreille et embarque sur la Méditerranée, à Jaffa (près de l’actuelle Tel Aviv), sur un bateau à destination de Tarsis (autant dire l’autre bout du monde, vers l’ouest… c’est-à-dire le plus loin possible de Ninive qui, elle, est plein Est, au bord du Tigre). Le voilà tranquille, mais pas pour longtemps. Pendant que Jonas dort à fond de cale dans le bateau, la tempête se lève… et comme il est un homme de son époque, il ne peut pas s’empêcher de penser que sa désobéissance y est pour quelque chose… et comme il est un honnête homme, quand même, il avoue à ses compagnons qu’il a mécontenté le ciel. Bien sûr, les matelots n’ont plus qu’une idée en tête : se débarrasser de Jonas pour apaiser les éléments et prier ce Dieu inconnu que Jonas a mis en colère… On jette le prophète à la mer.
    Mais Dieu n’abandonne pas Jonas et dépêche un gros poisson qui l’avale pour le mettre à l’abri. Bien au chaud dans le ventre du poisson Jonas prie… et, bien sûr, cela le convertit. Si bien que quand le poisson le recrache sur la terre ferme, trois jours plus tard, Dieu n’a plus qu’un mot à dire… et Jonas part pour Ninive, cette fois sans discuter. Et le miracle se produit… La ville était immense, il fallait au moins trois jours pour la parcourir ; eh bien, en moins d’une journée, du plus petit jusqu’au plus grand, tous les Ninivites sont convertis. Même les animaux font pénitence !
    Seulement voilà, il n’en restait plus qu’un à convertir (et c’est tout le sel de ce petit livre !)… c’était Jonas lui-même… Jonas n’était pas du tout content… à son idée, la justice aurait voulu que Dieu exerce sa colère contre ces païens, ces pécheurs. Et Jonas, écoeuré, va s’installer à l’écart de la ville. Mais on est en plein été, il étouffe au grand soleil. Alors Dieu, qui ne l’oublie décidément pas, fait pousser un arbuste (on dit que c’est un ricin) au-dessus de sa tête pour le protéger. Jonas va déjà mieux… pas pour longtemps. Le lendemain, Dieu s’en mêle encore et le ricin crève. Alors là, Jonas est vraiment en colère… Et Dieu l’attendait là. Il lui dit : « Quelle histoire pour un arbre qui crève à peine poussé !… Mais ces Ninivites qui allaient se perdre… tu ne crois pas que cela aurait été plus grave ? Ils sont mes enfants tout de même ! »
    Ce conte apparemment léger est en fait plein de leçons : d’abord, et c’est la pointe du récit, c’est d’ailleurs pour cela qu’il nous est proposé ce dimanche, « Dieu aime tous les hommes » et il n’attend qu’un geste d’eux pour leur pardonner ; c’est le sens de la dernière phrase de la lecture liturgique : « En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés ». Il n’attendait que cela : les menaces du prophète « Encore quarante jours et Ninive sera détruite » étaient un cri d’alarme ; quand la fable de Jonas a été écrite, l’Ancien Testament savait déjà très bien qu’on n’est jamais définitivement condamné, que Dieu pardonne toujours ; encore faut-il que nos oreilles et nos coeurs soient ouverts à sa parole de pardon.
    Deuxième leçon : Dieu est le Dieu de l’univers ; on peut le prier partout, bien au-delà des frontières d’Israël, sur un bateau et même jusque dans le ventre d’un poisson. La présence de Dieu n’est pas limitée à un lieu, un pays, un parti, ou une religion…
    Troisième leçon : ceux que nous considérons comme des païens ou des pécheurs sont souvent plus prêts que nous à écouter la Parole ;
    Jésus dira bien « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume ». Sur ce thème, l’auteur du livre de Jonas, visiblement, se plaît à en rajouter, comme on dit : sur le bateau, déjà, on voit les matelots prier avec ferveur et offrir un sacrifice d’action de grâce. Quant aux Ninivites, leur conversion totale et instantanée est un défi à tout effort pastoral. « Jonas parcourut la ville une journée à peine… Aussitôt les gens de Ninive crurent en Dieu ». Quand Jésus parlait plus tard du « signe de Jonas », il rappelait le séjour de Jonas pendant trois jours dans le ventre du poisson, mais surtout il posait une question à ses contemporains : sauraient-ils voir dans le Fils de l’Homme le « signe » que les Ninivites ont su voir en Jonas ?
    Quatrième leçon : cette fable a été inventée, après l’Exil à Babylone, à une époque où les prophètes voulaient rappeler que Dieu veut sauver l’humanité tout entière et pas seulement le peuple élu ; un peu comme dans une famille, il faut faire comprendre à l’aîné qu’il n’est pas fils unique. Nos prophètes à nous pourraient nous en dire autant.
    Cinquième leçon : la petite histoire du ricin est une véritable pédagogie ; manière de faire comprendre à Jonas « tu n’es pas un bon prophète si tu n’aimes pas comme moi tous les hommes ».
    Décidément, Dieu est plus grand que notre coeur !
    ————————-
    Compléments
    « Maintenant, Seigneur, prends ma vie car mieux vaut pour moi mourir que vivre ! » Le cri de désespoir de Jonas (4, 3) ressemble à celui d’Elie (1 R 19, 4).
    La conversion de Ninive contraste avec le refus de conversion des habitants de Jérusalem au temps de Jérémie : « Ni le roi, ni aucun de ses serviteurs, à entendre toutes ces paroles, ne furent effrayés et ne déchirèrent leurs vêtements » (Jr 36, 24).

    PSAUME – 24 (25), 4-9
    4 Seigneur, enseigne-moi tes voies,
    fais-moi connaître ta route.
    5 Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
    car tu es le Dieu qui me sauve.
    6 Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
    ton amour qui est de toujours.
    7 Dans ton amour, ne m’oublie pas,
    en raison de ta bonté, Seigneur.
    8 Il est droit, il est bon, le Seigneur,
    lui qui montre aux pécheurs le chemin.
    9 Sa justice dirige les humbles,
    il enseigne aux humbles son chemin.

    Les Ninivites de l’histoire de Jonas étaient des gens très coupables : la ville était tellement pervertie que Dieu avait dit : « La méchanceté des habitants de Ninive est montée jusqu’à moi », ce qui était une formule habituelle dans la Bible pour ce qu’on pourrait appeler « les cas graves » ! Et pourtant Dieu leur avait accordé son pardon dès leur premier geste de conversion. Le livre de Jonas dit bien « Dieu vit leur réaction : ils revenaient de leur mauvais chemin. Aussi revint-il sur sa décision… » Ce qui voulait dire : on peut toujours changer de conduite, « revenir de son mauvais chemin », on n’est jamais définitivement condamné. Il suffit de se retourner vers le Seigneur, de faire demi-tour ; d’ailleurs, c’est le sens même du verbe se « convertir » en hébreu.
    Le psaume 24/25 est justement la prière d’un pécheur : un pécheur qui désire changer de chemin, se convertir ; un pécheur qui sait que c’est toujours possible parce qu’il est confiant dans la miséricorde de Dieu : « Le Seigneur montre aux pécheurs le chemin, Il enseigne aux humbles son chemin »… sous-entendu la seule chose qui nous est demandée, ce n’est pas la vertu, mais l’humilité. Le mot « humbles », ici traduit le mot hébreu « anawim » très fréquent dans la Bible : il s’agit de ceux qu’on appelle aussi les « pauvres de Dieu » (ce que nous appelons les « pauvres de coeur »), c’est-à-dire tous ceux qui se reconnaissent démunis, pauvres, impuissants ; on dit aussi « les dos courbés ». Ce sont ceux dont la prière se réduit à dire « prends pitié de moi parce que je suis un pauvre homme pécheur » comme le publicain de l’évangile.
    C’est à ceux-là que Dieu enseigne son chemin : non pas que Dieu les choisisse ou les préfère ; mais les autres n’écouteraient pas les explications puisqu’ils n’en éprouvent pas le besoin ! Prière et précarité, c’est la même racine, en latin !
    Prenons un exemple : il nous est arrivé à tous, un jour ou l’autre, d’être un peu perdus dans une ville ou sur une route inconnue et d’être réduits à demander notre chemin à un passant… Que se passe-t-il si on n’a pas écouté ? Très vite on est de nouveau perdus. Tandis que ceux qui éprouvaient réellement le besoin des explications les ont écoutées ; ils trouvent le chemin.
    Ce thème du chemin est très présent dans ce psaume 24/25 : ici , déjà, dans les quelques versets proposés pour ce troisième dimanche, il y a déjà les mots « voies », « route », « chemin », et le verbe « dirige-moi ». « SEIGNEUR, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve… Le SEIGNEUR montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles le chemin ». C’est un thème typique des psaumes pénitentiels : parce que la Loi de Dieu (les commandements) est considérée comme le code de la route en quelque sorte ; Dieu a commencé par libérer son peuple, puis après, seulement après, il lui a dicté la loi qui est le mode d’emploi de cette liberté pour toute la vie religieuse, familiale et sociale, de A à Z, comme on dit.
    On comprend dès lors pourquoi ce psaume 24/25 est ce qu’on appelle un « psaume alphabétique ». Il comprend vingt-deux versets dont chacun commence par une lettre de l’alphabet, dans l’ordre alphabétique ; nos Bibles le signalent parfois en inscrivant la première lettre de chaque verset en marge du psaume ; ce procédé littéraire bien connu s’appelle un acrostiche ; mais ici, nous ne sommes pas en littérature : il s’agit d’une véritable profession de foi. Le juif croyant sait que si Dieu a donné la Loi à l’homme, c’est pour son bonheur : la Loi est donc un véritable cadeau de Dieu. A vrai dire, le mot « Torah » en hébreu, ne vient pas d’une racine qui signifierait « prescrire » mais d’un verbe qui signifie « enseigner » : la loi est un maître de liberté ; elle enseigne la voie pour aller à Dieu : « SEIGNEUR, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve… »
    Au passage, ce psaume nous offre une série de variations sur le thème du souvenir et de l’oubli. « Rappelle-toi, SEIGNEUR, ta tendresse… Oublie les révoltes… Ne m’oublie pas ». Au fond, on prie Dieu d’avoir une mémoire sélective, une sorte de filtre : « Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse » et au contraire « Rappelle-toi, SEIGNEUR, ta tendresse, ton amour qui est de toujours ». C’est à la fois de l’audace et de l’humilité ! L’audace que permet l’Alliance : car le pécheur qui parle ici, on le sait bien, n’est pas un individu, mais le peuple élu tout entier ; le JE est un JE collectif. Dieu a choisi ce peuple et l’a libéré ; et il s’est révélé à lui comme le Dieu de tendresse et de fidélité, lent à la colère et plein d’amour » (Ex 34, 6). Plus que la prière personnelle d’un individu isolé, ce psaume a certainement été composé pour des célébrations pénitentielles au Temple de Jérusalem.
    Face à cette Alliance indéfectible de Dieu, le peuple, lui, sait bien qu’il a multiplié les infidélités ; au milieu du psaume, au verset 11, il y a cette prière « pardonne ma faute, elle est grande ! » Mais puisque Dieu demeure celui qui aime et pardonne, on ose lui dire « Oublie mes révoltes »… et « Rappelle-toi ta tendresse »… C’est logique, d’ailleurs : quand on aime vraiment quelqu’un, c’est l’amour même qu’on lui porte qui permet de lui pardonner ! Et si on ne pardonne pas… c’est qu’on n’aime pas vraiment !
    Enfin, ce psaume nous réserve encore une leçon : ni dans les versets que nous lisons ce dimanche, ni dans le reste du psaume, il n’y a ce qu’on pourrait appeler un examen de conscience ; le centre de cette prière de pénitence, ce n’est pas notre péché, c’est Dieu et son oeuvre de salut, de libération. Il n’est question que de lui : « tes voies, ta route, ta vérité, ta tendresse, ton amour… » Elle est là, déjà, la conversion : quand nous cessons de nous regarder nous-mêmes, pour nous tourner vers Dieu.

    DEUXIEME LECTURE – 1ére lettre de Saint Paul aux Corinthiens 7, 29-31
    29 Frères,
    je dois vous le dire : le temps est limité.
    Dès lors,
    que ceux qui ont une femme
    soient comme s’ils n’avaient pas de femme,
    30 ceux qui pleurent,
    comme s’ils ne pleuraient pas,
    ceux qui ont de la joie,
    comme s’ils n’en avaient pas,
    ceux qui font des achats,
    comme s’ils ne possédaient rien,
    31 ceux qui profitent de ce monde,
    comme s’ils n’en profitaient pas vraiment.
    Car il passe,
    ce monde tel que nous le voyons.

    Saint Paul vient de chanter la grandeur du corps de l’homme qui est devenu par son Baptême le temple de l’Esprit Saint ; c’était notre lecture de dimanche dernier ; ce serait donc certainement un contresens de lire dans le passage d’aujourd’hui une dévalorisation du mariage : « Que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme »… Pour comprendre cette phrase, il faut donc résolument chercher une autre explication.
    Le passage d’aujourd’hui est encadré par deux affirmations presque semblables : la première, « le temps est limité », la seconde qui en est la conséquence « Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer ». « Le temps est limité » ; en fait, dans le texte grec, c’est un terme de navigation : « le temps a cargué ses voiles » ; l’image est suggestive : quand un bateau parvient en vue du port, au terme de son voyage, il cargue ses voiles, c’est-à-dire qu’il les replie pour entrer dans le port. Paul se représente l’humanité comme un bateau au terme de son voyage : l’arrivée au port est imminente, c’est-à-dire à la fois proche et certaine. On pourrait dire, comme nos commentateurs sportifs « Nous sommes sur la dernière ligne droite ». On comprend bien alors la dernière phrase qui en est la conséquence évidente : si l’humanité est parvenue au terme de sa course, « ce monde tel que nous le voyons est en train de passer ». Nous sommes au seuil d’un monde nouveau ; celui qu’Isaïe nous promettait : « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle » (Is 65, 17).
    Et alors le centre de ce passage est une invitation à lever les yeux au-dessus de notre horizon quotidien, pour regarder, à l’horizon de Dieu, le monde nouveau en train de naître. Ce n’est pas d’abord une leçon de morale, mais une invitation à se réjouir : la Bonne Nouvelle de l’imminence du Royaume est la même pour tous, riches ou pauvres, mariés ou non. Ensuite, Paul cherche à rassurer ses lecteurs quant à leur manière de vivre : il ne s’agit pas de quitter sa femme, si on en a une, mais de vivre désormais toutes les réalités de notre vie quotidienne dans la perspective du monde nouveau. Une perspective à la fois proche et certaine. Qui dit perspective dit regard : c’est notre regard sur le monde qui change, et, du coup, toute notre manière de vivre. Le monde présent et le monde à venir ne se succèdent pas uniquement comme deux phases distinctes de l’histoire ; il s’agit plutôt de deux manières de vivre les mêmes réalités, la manière païenne et la manière chrétienne, la manière d’Adam et la manière du Christ.
    C’est encore sous la plume de Paul un langage de liberté : manière de dire « que rien ne vous entrave, que rien ne vous retienne, ni votre état de vie, ni vos richesses, ni vos soucis, ni les événements heureux ou malheureux de votre vie… » Une seule chose compte : le monde nouveau. Et toutes les réalités de notre existence révèlent alors leur grandeur : elles sont la matière première du royaume.
    Il semble bien que dans leur correspondance avec Paul, les responsables de l’Eglise de Corinthe l’avaient consulté sur des questions très pratiques et concrètes de la vie quotidienne, en particulier sur le mariage : la vie sexuelle est-elle compatible avec la sainteté ? Faut-il se marier ? Et si on est marié, comment vivre ensemble ?… Paul ne donne pas de directive précise, mais la clé du comportement chrétien : quel que soit notre état de vie, vivre en Chrétien, c’est vivre les yeux fixés sur le royaume, comme un coureur n’a de regard que sur le but, il ne regarde pas ses pieds !
    Paul s’adresse à différentes catégories de chrétiens : mariés et non mariés ; heureux et malheureux ; riches et pauvres ; et il leur dit : « Les uns et les autres, n’ayez qu’un horizon, le Royaume. » Ceux qui ont une femme et ceux qui n’ont pas de femme, ceux qui pleurent et ceux qui ne pleurent pas, ceux qui sont heureux et ceux qui ne sont pas heureux, ceux qui font des achats et ceux qui ne possèdent rien, ceux qui tirent profit de ce monde et ceux qui n’en profitent pas… Tous, vivez dans le monde présent à la manière du Christ.
    Aux Chrétiens d’origine juive (donc circoncis) et à ceux d’origine païenne (donc non circoncis), Paul donne le même conseil : « Que chacun vive selon la condition que le Seigneur lui a donnée en partage, et dans laquelle il se trouvait quand Dieu l’a appelé… L’un était-il circoncis lorsqu’il a été appelé ? Qu’il ne dissimule pas sa circoncision. L’autre était-il incirconcis ? Qu’il ne se fasse pas circoncire. La circoncision n’est rien et l’incirconcision n’est rien : le tout c’est d’observer les commandements de Dieu. » (1 Co 7, 17 – 19).
    Notre Baptême ne nous engage pas à changer notre état de vie, mariage ou célibat, par exemple, mais notre manière de le vivre :
    « Le tout c’est d’observer les commandements de Dieu ». Et cela est possible dans tous les états de vie. Trois fois en quelques lignes, Paul insiste « Que chacun demeure dans la condition où il se trouvait quand il a été appelé. Etais-tu esclave quand tu as été appelé ? Ne t’en soucie pas ; au contraire, alors même que tu pourrais te libérer, mets à profit ta situation d’esclave. » (1 Co 7, 19 – 21).
    Comme disait Monseigneur Coffy : « Les Chrétiens ne vivent pas une autre vie que la vie ordinaire, ils vivent autrement la vie ordinaire. »
    Tout cela est logique : puisque nous sommes le levain dans la pâte, il ne faut certainement pas quitter la pâte dans laquelle nous avons été enfouis. Au contraire, toute situation, même celle d’esclave, peut être un lieu de révélation du Royaume, pour nous et pour les autres. C’est au coeur même de ce monde présent et des réalités quotidiennes, heureuses ou non, que « l’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification », comme le dit la quatrième prière eucharistique. Cette oeuvre de l’Esprit est une fécondation qui transfigure la réalité et lui fait porter ses fruits, des fruits que Paul décrit dans la lettre aux Galates : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, maîtrise de soi » (Ga 5, 22 – 23).
    Le plus beau commentaire de ce passage, Paul lui-même nous le donne un peu plus loin, dans cette même lettre aux Corinthiens (1 Co 10, 31) : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».

    EVANGILE – selon saint Marc 1, 14-20
    14 Après l’arrestation de Jean Baptiste,
    Jésus partit pour la Galilée
    proclamer l’Evangile de Dieu ; il disait :
    15 « Les temps sont accomplis,
    le règne de Dieu est tout proche.
    Convertissez-vous
    et croyez à l’Evangile. »
    16 Passant le long de la mer de Galilée,
    Jésus vit Simon et André le frère de Simon,
    en train de jeter les filets dans la mer,
    car c’étaient des pêcheurs.
    17 Il leur dit :
    « Venez à ma suite.
    Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
    18 Aussitôt, laissant leurs filets,
    ils le suivirent.
    19 Jésus avança un peu
    et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
    qui étaient dans la barque
    et réparaient les filets.
    20 Aussitôt, Jésus les appela.
    Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
    ils partirent à sa suite.

    Ceci se passe « Après que Jean eut été livré », nous dit Marc : l’arrestation brutale de Jean-Baptiste par la police d’Hérode vient de mettre fin à la mission du Précurseur. Marc emploie ici (dans le texte grec) le mot « livré » qu’il reprendra de nombreuses fois par la suite au sujet de Jésus (par exemple « le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes » – 9, 31), puis des apôtres (« on vous livrera aux tribunaux et aux synagogues » – 13, 9). Manière de nous dire déjà : le sort de Jean-Baptiste préfigure celui de Jésus puis celui des apôtres : c’est le lot commun des prophètes, exactement comme le décrivait Isaïe dans les chants du Serviteur (Is 50 et 52-53) ; ou le livre de la Sagesse : « Traquons le juste, il nous gêne, il s’oppose à nos actions » (Sg 2, 13).
    Comme les prophètes, Jean-Baptiste d’abord, Jésus ensuite, proclament la conversion : Marc emploie les mêmes mots pour l’un et pour l’autre : « proclamer, conversion » ; ce n’est certainement pas un hasard ; quelques lignes plus haut, Marc disait : « Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion… », et ici « Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait… Convertissez-vous ». Le contenu de la prédication est le même ; cependant le décor a changé : « Jésus partit pour la Galilée » : après le baptême au bord du Jourdain (Mc 1, 9-11) et son passage au désert (1, 12), Jésus retourne en Galilée et c’est là qu’il commence sa prédication : sous-entendu la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu vient de Galilée, ce pays suspect, dont on se demandait « que peut-il sortir de bon ? » Et Jésus commence à proclamer : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».
    « Les temps sont accomplis ! » Le peuple d’Israël a une notion de l’histoire tout-à-fait particulière : pour lui, l’histoire n’est pas un perpétuel recommencement, elle a un SENS, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction. Il y a un début et une fin de l’histoire et c’est dans le cadre de cette histoire humaine que Dieu déploie son projet d’Alliance avec l’humanité. Dire « Les temps sont accomplis », c’est dire que nous touchons au but. Comme dit Paul « le temps a cargué ses voiles », comme un bateau qui arrive au port. Ce but, c’est le Jour où « l’Esprit sera répandu sur toute chair », selon la promesse du prophète Joël (Jl 3, 1). Or, justement, Jean-Baptiste a vu dans la venue de Jésus l’accomplissement de cette promesse : « Moi, je vous ai baptisés d’eau, mais lui vous baptisera d’Esprit Saint », a-t-il dit au moment du Baptême de Jésus.
    Voilà la Bonne Nouvelle : le Jour de Dieu vient, « le Règne de Dieu est tout proche » (littéralement, dans le texte grec, « le Règne de Dieu s’est approché »)1 ; ce qui veut dire deux choses : premièrement, c’est le Royaume qui s’approche de nous : nous n’avons qu’à l’accueillir ; nous ne croirons jamais assez à la gratuité du don de Dieu. Deuxièmement, c’est déjà une réalité ; l’expression est au passé : « Le Règne de Dieu s’est approché » ; au-dessus de Jésus sortant des eaux du Jourdain, les cieux se sont déchirés : le ciel communique de nouveau avec la terre.
    La conversion à laquelle Jésus nous invite consiste peut-être tout simplement à croire que ce don de Dieu est actuel et qu’il est gratuit. Une gratuité que le prophète Isaïe annonçait déjà : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau » (Is 55). Cela nous permet de comprendre l’expression : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » : en français, ET veut dire « et en plus » ; en grec, le même mot peut signifier tantôt « en plus » comme en français, tantôt « c’est-à-dire » ; il faut donc comprendre : « Convertissez-vous, c’est-à-dire croyez à la Bonne Nouvelle » ; se convertir c’est croire à la Bonne Nouvelle, ou pour le dire autrement c’est croire que la Nouvelle est Bonne : Dieu est amour et pardon, et son amour est pour tous.
    C’est sans doute pour cela que la première lecture qui nous est proposée ce dimanche est tirée du livre de Jonas ; il disait deux choses : d’une part, Dieu veut le salut de tous les hommes et non pas seulement de quelques privilégiés ; d’autre part, voyez l’exemple de Ninive : Dieu n’attend qu’un geste de vous. Il suffit de vous convertir pour entrer dans son pardon.
    Dans le même ordre d’idées, Paul dit dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu », ce qui veut dire « croyez que son dessein est bienveillant », cessez de faire comme Adam qui croit que Dieu est mal intentionné ! C’est bien le sens du mot « conversion » en hébreu, c’est-à-dire demi-tour ; « convertissez-vous » veut dire « retournez-vous ». Si on se retourne, on verra Dieu tel qu’il est, c’est-à-dire le Dieu d’amour et de pardon. C’est bien la découverte du fils prodigue.
    Quelques mots, enfin, sur l’appel des premiers disciples, Simon et André, Jacques et Jean. Comme dans toute vocation, il y a deux phases, l’appel et la réponse. Jésus passe, les voit, les appelle : l’initiative est de son côté ; pour les disciples, c’est bien le royaume qui s’approche et les appelle ; quant à la réponse, « Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent », elle fait penser à celle d’Abraham dont le livre de la Genèse dit tout simplement : « Abraham partit comme le Seigneur le lui avait dit » (Gn 12). Jésus leur dit « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Il ne leur fait pas miroiter quelque chose pour eux-mêmes, mais pour les autres ; il les associe à son entreprise. Par là même, il leur dit quelque chose de sa propre mission : repêcher les hommes ; comme il le dit lui-même dans l’évangile de Jean (Jn 10, 10) : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »
    ————————–
    Note
    1 – A l’époque de Jésus, le mot « évangile » était employé pour signaler la venue du roi (sa naissance ou bien sa venue dans une ville). C’est donc tout à fait équivalent de dire : « Le règne de Dieu est tout proche » et « croyez à la Bonne Nouvelle ». En Jésus, le Règne de Dieu s’est approché.


  • Conférence-débat : « Une paix juste et durable en Palestine / Israël, en quoi cela me concerne ? »
    • Mardi 30 janvier à 20h30 à la Maison Saint Yves, 81 rue Mathurin Méheut à Saint-Brieuc
    • Mercredi 31 janvier à 20h30 à l'Espace Sainte-Anne, 2 rue de Kerampont à Lannion

    Depuis 2015, Jean-Claude Sauzet est aumônier de la Maison d'Abraham, lieu d'accueil fondé en 1964 par le Secours Catholique – Caritas France à Jérusalem-Est. Auparavant il a été 6 ans aumônier national du CCFD – Terre Solidaire.

    Soirée organisée par le CCFD et le Secours catholique

    Jean-Claude Sauzet
    Jean-Claude Sauzet

  • Homélie du dimanche 21 janvier

    Dimanche 21 janvier 2018
    3éme dimanche du temps ordinaire

    Références bibliques :
    Lecture du livre de Jonas. 3. 1 à 10 : « Proclame le message que je te donne pour elle. »
    Psaume : « Fais-moi connaître ta route. »
    Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 Cor. 7. 29 à 31 : « Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer. »
    Evangile selon saint Marc. 1. 14 à 20 : « Convertissez-nous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
    ***
    La séquence évangélique de ce dimanche est composée de deux épisodes qui sont liés dans le temps et qui, sans trop forcer les textes, se suivent dans la logique du message apporté par Jésus .
    La Bonne Nouvelle proclamée aux habitants de Galilée. L’appel définitif des disciples de Jésus. Orientez votre vie, votre comportement, votre volonté, votre idéal dans le sens de ce message. Réorientez-les s’il le faut.
    LE ROYAUME EST A PROXIMITE
    La police d’Hérode a mis la main sur Jean le Baptiste. Il est emprisonné. Sa mission, sa prédication et son Baptême n’ont plus leur raison d’être. Leur temps est accompli. La longue attente et la longue préparation du Peuple de Dieu a trouvé son achèvement en Jésus-Christ.
    Car Jésus ne prend pas la simple suite de Jean. Il ne vient pas convertir par un baptême de pénitence. Autre est sa mission. Il annonce l’Evangile de Dieu.
    Il ne proclame pas une bonne nouvelle parmi d’autres. Il n’annonce pas une « nouvelle » qui aurait Dieu pour objet. La Bonne Nouvelle donnée par Jésus au nom de Dieu, c’est lui-même qui est la Parole de Dieu et elle concerne le salut. Il vient nous « dire » que la présence de Dieu s’exprime au milieu de nous.
    C’est ainsi que l’avait compris la communauté chrétienne des premiers chrétiens.
    Saint Paul le proclame ainsi chaque fois qu’il parle de « Bonne Nouvelle – evaggelos ». Lui, Paul, a été mis à part pour cette annonce « qui a été promise par les prophètes dans les Ecritures Saintes. (Romains 1.1 – Romains 15. 16 – 2 Corinthiens 11. 7)
    Et saint Pierre confirme l’apôtre Paul (1 Pierre 4. 17) Le Royaume de Dieu est donc maintenant à proximité.
    Le temps nouveau annoncé par Jean Baptiste est arrivé. La mesure du temps précédent est pleine. L’autre temps est là. Il s’est approché, si proche qu’il est soudé à l’ancien. Il n’y a aucun intervalle entre Jean et Jésus.
    Le baptême de Jésus en a été la signification et la réalisation. Jean en a reçu la confirmation quand Jésus est descendu dans le Jourdain. L’Esprit de Dieu sur celui sur qui il verse de l’eau. Le Père le reconnaît comme son Fils bien-aimé et non pas seulement comme un prédicateur.
    Le « tout proche » doit être entendu dans le sens : « Il est à côté de vous. » Il est au milieu de nous. « Tu n’es pas loin du Royaume », dira Jésus au scribe qui parlait avec lui des deux commandements fondamentaux qui concernent notre relation avec Dieu. (Marc 12. 34)
    CROYEZ A L’EVANGILE
    Ainsi la réalité de ce royaume n’est plus à attendre dans l’espérance d’un avenir plus ou moins proche. Il nous faut dès maintenant y entrer puisqu’il est « à notre porte ».
    Nous avons dans notre mémoire ces paroles de Jésus qui évoque la porte étroite ou la porte qu’il ouvre pour son troupeau. Pour y entrer, il faut nous « se convertir. » Se convertir, c’est accueillir la plénitude de ce mystère dans la foi (Luc 8. 10).
    Marc a bien remarqué que cette parole est fréquente chez Jésus. Il ne parle pas d’abord de la foi comme d’une première étape nécessaire si on veut le rejoindre. Elle ne peut rester « théorique ». Il demande une nouvelle orientation de tout notre être, dans la pensée comme dans le vouloir.
    Cette nouvelle orientation ne se décide pas au terme d’un raisonnement ou d’un cheminement sentimental. Elle doit s’accompagner de la foi en la « Bonne Nouvelle » qui nous fait entrer dans les desseins de Dieu. « Si vous ne devenez pas semblables … si vous ne quittez pas… » Ces paroles de Jésus, et bien d’autres différentes selon les personnes et les circonstances, le rappellent maintes fois au cours de ses rencontres sur les routes de Palestine.
    Marc note que Jésus ne vient pas en Galilée pour y prêcher seulement quand il y sera arrivé. Il y vient tout en proclamant cet Evangile de Dieu, depuis les bords du Jourdain, durant toute sa route et jusqu’aux rives du lac de Tibériade. « Convertissez-vous et croyez en l’Evangile », c’est bien là tout le programme de sa prédication et non pas une formule stéréotypée.
    Cette conversion, dans le texte grec, se nomme « metanoia », « changement ». Quand un écrivain corrige la construction de sa phrase, c’est une « metanoia », quand une découverte nous fait regarder autrement, c’est une « metanoia ».
    Cette démarche doit être la nôtre. Il faut nous renouveler sans cesse, nous réorienter souvent, selon les circonstances de notre vie et les impasses où nous nous sommes engagés. Cette démarche, au sens évangélique, ne peut se vivre que dans la foi parce que c’est elle qui nous fait découvrir, progressivement, et non pas du jour au lendemain, le dessein de Dieu sur nous et les tâtonnements que sont nos réponses.
    VENEZ A MA SUITE
    La décision et la démarche des quatre premiers disciples sont dans la suite logique de ce revirement que le Christ demande, à eux comme à nous. Pierre et André abandonnent leurs filets alors qu’ils sont en train de les lancer.
    S’il les appelle, c’est pour s’assurer le concours de quelques disciples ou plus exactement, en faire des coopérateurs. Ce n’est pas seulement pour leur confier sa doctrine. Il appelle des pêcheurs qui jettent leurs filets, pour les faire devenir pêcheurs d’hommes qui lanceront ainsi la Parole de Dieu. Ils amèneront des hommes au point où Dieu les veut, aux rivages même de Dieu.
    L’évangéliste souligne dans le même temps, cette nécessaire progression qui sera demandée aux disciples tout au long de leur vie au service de l’Evangile, pour « ce devenir » : « Je ferai de vous … »
    Jacques et Jean sont en train de réparer les filets avec leur père et des employés salariés. Il y a là un contraste que Marc a observé et qu’il souligne. Simon et André ont abandonné leurs filets. Jacques et Jean abandonnent leur père. Les deux fils le laissent avec des hommes qui travaillent non par amour filial et familial, mais pour un salaire.
    Marc d’ailleurs utilise le terme de « mercenaires » que nous traduisons par « salariés », ce qui n’est tout de même pas la même chose.
    Les deux fils « s’éloignèrent de leur Père ». Ils ne sont plus à ses côtés en se plaçant « derrière Jésus. » Dans les deux cas, Jésus ne fait pas de longues démonstrations pour convaincre. Il n’a rien dit ni rien fait qui lui donnât de l’autorité sur ces quatre premiers disciples.
    Il met en mouvement leurs volontés. Il peut les ré-orienter les uns dans une autre situation de pêcheurs, les autres dans une autre situation de relations familiales.
    ***
    « Convertissez-vous et croyez en cette Bonne Nouvelle » que j’annonce. Ou plutôt, croyez en moi qui suis « la Bonne Nouvelle », le Chemin, la Vérité, la Vie. « Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel. » (credo de Nicée-Constantinople)


  • A Tourcoing : casser les cloisons pour briser l’isolement des enfants

    Jeune père de famille, Baptiste Snaet, 30 ans, habite juste à côté de son lieu de travail, la paroisse Saint Matthieu, près du métro Phalempins, à Tourcoing. Il fait partie des cinq personnes de l’équipe missionnaire missionnée par l’évêque. Son leitmotiv : « il faut décloisonner, regarder la réalité en face, oser faire autrement et faire ensemble». Ancien permanent de l’ACE puis du MRJC -qui, dit-il, « fait partie de mon adn »- Baptiste est tombé enfant dans la marmite de l’animation, son père ayant été directeur de camps. Il témoigne avoir été marqué par le fait que ses parents « ont vécu des souvenirs formidables en vacances avec leur paroisse ». Et aussi par cette remarque d’un membre de l’EAP regrettant le fait qu’ « à partir de 14 ans, l’Église n’ait plus rien à proposer à son petit voisin servant d’autel ». D’où le rêve de Baptiste d’organiser lui aussi un camp pour les enfants de Tourcoing qui, pour certains, n’ont jamais dormi ailleurs que chez leurs parents ou jamais vu la mer alors qu’elle se trouve… à une heure de chez eux ».

    Sortir des zones de confort
    « Il est plus difficile, insiste-t-il, de faire des activités régulières. On ne vit plus dans ce monde, il faut s’adapter ». C’est ainsi qu’il a proposé aux jeunes filles de 17 ans « hyper motivées » qui animaient un club ACE le dimanche matin avec quelques enfants d’intégrer la commission de préparation du camp. L’une d’elles a suivi. Une dame catéchiste et institutrice, un professeur de sports et d’autres les ont rejoints. L’association diocésaine de l’Action Catholique des Enfants a été sollicitée. Les frais ont été couverts grâce à la vente de crêpes à la sortie de l’église et à diverses subventions. « Les paroisses n’en ont pas conscience mais elles ont une force de frappe phénoménale », assure Baptiste.
    Au final, en août 2017, dans la maison diocésaine de Merville, 15 enfants de 8 à 12 ans (servants d’autel, voisin ou enfants de paroissiennes, fille d’une dame rencontrée lors d’un pèlerinage marial, fratrie d’une famille nombreuse), encadrés par 4 adultes ont vécu un beau temps fort de vacances. « Lorsqu’on emmène des jeunes en camp, on les fait sortir de leur zone de confort et on casse leurs cloisons », témoigne Baptiste. Unique petit temps spirituel : celui durant lequel il leur a été demandé de fermer les yeux, de trouver une pépite de leur séjour, puis de la raconter aux autres et d’exprimer des pardons pour des bousculades ou des moqueries, mais aussi une demande et un merci. Alors en quoi l’Église fait-elle œuvre originale ? « Chrétien je ne vais pas animer différemment, dans l’esprit de l’Évangile, que dans un camp organisé par la mairie. Jésus parlait de la même manière aux Juifs et à la Samaritaine. Il faut qu’il y ait des chrétiens dans les camps de la mairie. Ce n’est pas l’un OU l’autre et il ne s’agit pas d’inviter tout le monde à la messe ou au caté mais de discerner ensuite pour chaque enfant»,  répond Baptiste. Il ajoute deux choses : « C’est aussi à travers ce style de proposition  que l’Église rencontre les parents. Et où trouver ailleurs un camp d’une semaine à seulement 20€ et accepter qu’une famille en difficulté paye en deux échéances!!! ».
    Avec le même enthousiasme, Baptiste raconte l’autre activité entreprise dans le quartier populaire de la Bourgogne. Là encore, une règle d’or : adaptation au réel (une dizaine d’enfants montant sur le mur de l’église) et décloisonnement. Une fois par mois, un petit groupe s’est mis à lire l’Évangile en buvant le café chez une grand-mère de famille nombreuse. Que faire pour ce quartier ? L’idée a surgi de jouer avec les enfants dans le parc où ils se rassemblent. Et ce pendant les vacances de février, de Pâques et en juin. Les jeux (ballons, cerceaux, kaplas…) ramenés par l’ACE sont suivis d’un goûter préparé par des mamies de la paroisse et souvent partagé avec les parents. « Même moi je suis étonné que ça marche », commente Baptiste. Il suffit de fédérer les bonnes volontés…
    Chantal Joly


  • Les vœux, ces mots un peu trop grands … mais qui nous tirent en avant

    Avec la nouvelle année,vient le temps des vœux que l'on échange. On pense ici ou là que cette tradition est un peu vieillotte, voire franchement ennuyeuse.
    Faut-il jeter au panier ces mots qui portent nos désirs pour les autres, pour le monde, pour l'Église ? Non, car même s'ils sont maladroits ou faciles, nos souhaits de nouvel an nous sauvent de la non-communication et de la seule juxtaposition de subjectivités qui n'auraient plus rien à se dire. Ils ouvrent à une relation possible,même épisodique.

    Depuis quelques semaines, nous nous efforçons de mettre en œuvre quelques-unes des décisions du synode diocésain. Les mots peuvent nous apparaître un peu trop grands : accueil, fraternité, esprit missionnaire. Il faut bien le reconnaître, nous avons de la peine à vivre ces réalités que nous appelons de nos vœux. Si nous entrons courageusement dans cette étape d'application, c'est parce que nous croyons à la part que Dieu y prend et y prendra.

    La première chose que nous pouvons donc nous souhaiter, c'est d'être des croyants, d'être vraiment des chrétiens :

    • Aller à la source.Revenir au Christ et nous appuyer d'abord sur sa Parole et son Évangile dans chacune de nos rencontres, dans nos communautés et fraternités.
    • Prendre un chemin de conversion : renoncer à la prétention de changer les autres et commencer par changer quelque chose en soi-même. « Commence par te garder toi-même en paix, et alors tu pourras pacifier les autres » (de « L'Imitation de Jésus Christ »).
    • Mettre les plus fragiles au centre des préoccupations de l'Église. Quand la valeur marchande prend le dessus sur la valeur de chaque personne humaine, nos cœurs finissent par se refroidir et nos paroles se font plus dures, avec le souci de nous protéger de ceux qui viendraient remettre en cause le confort que nous avons atteint.
    • Proposer la joie. L'absence de convictions et la baisse de l'engagement engendrent une tristesse que les distractions et la fête ne peuvent dissiper. Mais les témoins de la joie sont nombreux : ils font confiance en Dieu qui les aime malgré leurs faiblesses et ils s'enrichissent du dialogue avec ceux qui ne leur ressemblent pas.

    Paix, joie, espérance … bien sûr, les mots choisis sont souvent comme des vêtements un peu trop grands pour nous. Impossible d'y renoncer, cependant, car ils nous viennent tout droit de la crèche de Bethléem. Ce qui est arrivé, c'est « une grande joie pour tout le peuple », ce qui est annoncé, c'est « la paix pour les hommes que Dieu aime ».

    + Denis Moutel
    évêque de Saint-Brieuc et Tréguier


vendredi 12 janvier 2018

  • Monseigneur José Rodríguez Carballo : "Je vous encourage à semer l'espoir"
    #Uisgnews Monseigneur José Rodríguez Carballo, secrétaire de la congrégation pour la vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, rencontre les 80 supérieur généraux de la constellation Rome de la UISG, réunis en assemblée les 10 et 11 janvier à Rome. " Je vous encourage à semer l'espoir. La vie (...)

  • Retraites chez les soeurs clarisses de Cormontreuil en 2018
    Propositions des sœurs Clarisses pour les jeunes en 2018 • Week-end des 2-4 mars : "Se laisser booster par François et Claire... Il y a 800 ans : deux êtres de feu !!! et nous aujourd'hui ?" • Pour la fin de l'année scolaire, avant de plonger dans les vacances : "Argile et prière" (29 juin-1 (...)

jeudi 11 janvier 2018

  • Retour sur la « Nuit de la lecture 2018 »

    samedi 20 janvier, dans le cadre de la Nuit des
    bibliothèques et de la Semaine de prière pour l'unité des Chrétiens,
    catholiques, protestants et orthodoxes ont lu des textes de leur
    tradition à la médiathèque Saint-Yves de 20h30 à 22h.

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    Un public nombreux est venu assister à la Nuit de la lecture à la médiathèque St-Yves - voir en grand cette image
    Un public nombreux est venu assister à la Nuit de la lecture à la médiathèque St-Yves

    Le 20 janvier, à 20h30, venez écouter des lectures œcuméniques dans le cadre de la Nuit de la lecture, à la médiathèque Saint-Yves.
    En présence de

    • Serge Kerrien, diacre permanent,
    • Hervé Stücker, pasteur de l'Eglise protestante unie,
    • Michaël Piette, pasteur évangélique,
    • Sylvain Baron, lecteur orthodoxe.
    nuit de la lecture
    nuit de la lecture

    Contact :
    Médiathèque Saint-Yves
    Maison Saint-Yves
    81, rue Mathurin Méheut 22000 SAINT-BRIEUC
    Tél : 02 96 68 13 64
    mail : mediathèquesaintyves chez diocese22.fr

    Voir en ligne : Nuit de la lecture

  • [INTERVIEW] Marie, jeune maman, raconte pourquoi elle a inscrit ses enfants au catéchisme

    Article paru dans le n° de janvier 2018 du bulletin « Le Lien » de la paroisse de Dinan : Aucaleuc, Dinan, Lanvallay, Léhon, Quévert, Saint-Solen, Tressaint.

    (Article en version PDF à retrouver en bas de l'article)

    > Le Lien : Bonjour Marie, vous avez deux enfants et vous les avez inscrits au catéchisme. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

    > Marie : Premièrement pour qu'ils découvrent la religion catholique à laquelle je suis attachée depuis mon enfance, je veux qu'ils découvrent la foi de l'église et les valeurs chrétiennes qui me sont chères. Deuxièmement pour les aider à réfléchir sur des questions qu'ils se posent sur la vie, le monde, eux-mêmes et Dieu.

    > Le Lien : Qu'est-ce qui a nourri votre foi ?

    > Marie : Mon éducation, ma famille, mon entourage et la vie en général ont nourri ma foi. Il m'arrive de me poser des questions sur ma foi, mais je suis certaine que l'on ne peut pas vivre « bien » aujourd'hui sans l'amour de l'autre, le partage, la tolérance, ces valeurs chrétiennes dont je parlais tout à l'heure.

    > Le Lien : Dans le monde d'aujourd'hui, n'avez-vous pas l'impression de nager à contre courant ?

    > Marie : Je pense qu'il faut être à contre courant dans le monde d'aujourd'hui, il faut résister au matérialisme qui nous déshumanise et nous éloigne des valeurs chrétiennes. Après, il faut s'écouter et faire selon son ressenti. Mais, plus de spiritualité serait bénéfique dans ce monde….

    > Le Lien : Que pourriez-vous dire aux autres parents qui ne se sont pas posé la question de la catéchèse ? Quelle est valeur ajoutée dans l'éducation de vos enfants ?

    > Marie : Selon moi, cela apporte une valeur ajoutée certaine à l'éducation de nos enfants. Amour, générosité, écoute de l'autre…. des valeurs importantes qu'il est bon d'entendre en dehors de la maison.

    > Le Lien : Dans le choix multiple des activités extra scolaires, quelle place donnez-vous au catéchisme ? (faut-il « forcer » les enfants ?)

    > Marie : Il faut bien l'imposer au début puisqu'ils ne savent pas vraiment ce que c'est que la catéchèse. Il faut bien qu'ils découvrent pour pouvoir se faire leur idée et choisir par eux mêmes. C'est la même chose avec n'importe quelle activité, quand nous les inscrivons à un sport, nous ne savons pas s'ils vont réellement l'aimer mais il faut essayer pour savoir…

    > Le Lien : Comment vos enfants adhèrent-ils à votre choix ?

    > Marie : Ils avaient quelques doutes au début, effectivement c'est humain de douter de ce qu'on connaît mal, mais après quelques séances, la question ne se pose plus, c'est un moment d'échanges qu'ils apprécient. Ils peuvent partager avec d'autres sur des sujets qui les touchent, avec d'autres enfants mais également avec un ou plusieurs adultes qui ne soit ni un professeur ni un parent.

    > Le Lien : Comment percevez-vous l'Église d'aujourd'hui et de demain ? (Avez-vous vu une évolution ?)

    > Marie : Oui, l'église évolue par rapport à mon époque, il y a je trouve plus de souplesse et de dynamisme, tout est moins figé. Par exemple, au printemps, nous avons célébré le baptême de notre petite Gabrielle et lors de la cérémonie, les enfants présents à la messe ont pu participer activement à la cérémonie. Le prêtre les a impliqués en leur posant des questions et en leur expliquant certaines choses, et ce, tout au long de la cérémonie. Cela a apporté beaucoup de fraîcheur et d'enthousiasme parmi l'assemblée. Les enfants étaient « acteurs » de ce moment et ils s'en souviendront longtemps du coup….

    > Le Lien : Auriez-vous des souhaits ou des demandes à faire à la communauté ?

    > Marie : Je ne vais pas faire l'unanimité et je ne suis pas sûre de devoir oser le dire mais je trouve que les messes sont un peu tristes… Nous sommes réunis pour célébrer le Seigneur, l'amour, la vie et donc la joie de vivre et nous devrions le faire dans la gaieté, le chant, la danse…. cela n'empêche pas la croyance et la prière, bien au contraire selon moi… Bien sûr, cela ne reste que mon avis personnel. Mais pour avoir assisté à plusieurs messes à l'étranger, je pense que nous pourrions évoluer un peu de ce côté…. Et sans partir loin, j'ai même assisté à une cérémonie Gospel en l'église catholique de Bruz, il y a 2 ans, et j'avoue avoir trouvé cela magique….

    > Le Lien : Y a-t-il une phrase de la bible, ou un Saint, qui vous touche ?

    > Marie : Il y en a beaucoup, il est difficile de répondre… « Aimez- vous les uns les autres », « Quand tu donnes, tu dois donner de bon cœur », « Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis », « L'orgueil précède la ruine, et la hauteur précède la chute »,
    et tellement d'autres…

    > Le Lien : Merci Marie d'avoir partagé votre témoignage de Foi, d'Espérance et de Charité avec les lecteurs du lien.


mercredi 10 janvier 2018

  • Migrants : trouver une réponse commune

    Aujourd’hui, dans notre pays, la situation des migrants est très préoccupante. La société civile, les pouvoirs publics et la communauté chrétienne doivent trouver une réponse commune aux nombreux défis posés par les migrations contemporaines.
    C’est cet appel que Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques a lancé lors d’une conférence de presse à la Maison des évêques de France ce mercredi 10 janvier 2018. Il était accompagné Mgr Georges Pontier, Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes et Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, tous deux membres de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église au titre de la pastorale des migrants. Ils ont présenté les priorités que l’Église de France se donne parmi les pistes d’action proposées par le Pape François.


lundi 8 janvier 2018

  • Commentaires du dimanche 14 janvier

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 14 janvier 2018
    2éme dimanche du temps ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – 1er livre de Samuel 3, 3b-10. 19
    En ces jours-là,
    3 le jeune Samuel était couché dans le temple du SEIGNEUR à Silo ,
    où se trouvait l’arche de Dieu.
    4 Le SEIGNEUR appela Samuel, qui répondit :
    « Me voici ! »
    5 Il courut vers le prêtre Eli, et il dit :
    « Tu m’as appelé, me voici. »
    Eli répondit :
    « Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher. »
    L’enfant alla se coucher.
    6 De nouveau, le SEIGNEUR appela Samuel.
    Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Eli, et il dit :
    « Tu m’as appelé, me voici. »
    Eli répondit :
    « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
    7 Samuel ne connaissait pas encore le SEIGNEUR,
    et la parole du SEIGNEUR ne lui avait pas encore été révélée.
    8 De nouveau, le SEIGNEUR appela Samuel.
    Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Eli, et il dit :
    « Tu m’as appelé, me voici. »
    Alors Eli comprit que c’était le SEIGNEUR qui appelait l’enfant,
    9 et il lui dit :
    « Va te recoucher,
    et s’il t’appelle, tu diras :
    Parle, SEIGNEUR, ton serviteur écoute. »
    Samuel alla se recoucher à sa place habituelle.
    10 Le SEIGNEUR vint, il se tenait là
    et il appela comme les autres fois :
    « Samuel ! Samuel ! »
    et Samuel répondit :
    « Parle, ton serviteur écoute. »
    19 Samuel grandit.
    Le SEIGNEUR était avec lui,
    et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

    DE LA VOCATION DE SAMUEL…
    Il faut relire tout le début du premier livre de Samuel : c’est presque un roman, tellement l’histoire est belle… mais comme toujours, le texte biblique n’est pas là seulement pour l’anecdote ; il faut lire entre les lignes. On connaît l’histoire de Samuel ; c’est un enfant du miracle car sa maman, Anne, était désespérément stérile ; un jour de grand chagrin, elle a fait un voeu : si j’ai un fils, il sera consacré au service de Dieu. Et Samuel est né ; Anne, bien sûr, a tenu sa promesse et voilà l’enfant confié au vieux prêtre Eli qui est le gardien du sanctuaire de Silo (à ne pas confondre avec le prophète Elie qui a vécu beaucoup plus tard).
    Où est Silo ? Ce n’est plus aujourd’hui qu’un petit hameau à une trentaine de kilomètres au Nord de Jérusalem ; mais ce fut un lieu de rassemblement important pour les tribus d’Israël pendant toute une période. Qui dit lieu de rassemblement à cette époque-là dit surtout lieu de culte : et c’est dans ce sanctuaire de Silo qu’un petit garçon, Samuel, reçoit vers 1050 av.J.C. sa vocation de prophète. A partir de là, il deviendra l’une des figures les plus marquantes de l’histoire d’Israël, le dernier des Juges. A tel point que plus tard, Jérémie l’a comparé à Moïse lui-même (Jr 15, 1) et le psaume 98/99 en fait autant : « Moïse et Aaron et Samuel faisaient appel au SEIGNEUR et il leur répondait » (Ps 98/99, 6).
    Comme Moïse également, Samuel a été visiblement un chef à la fois spirituel et politique : on le voit exerçant une fonction de prêtre, chargé d’offrir les sacrifices, mais aussi rendant la justice ; c’est lui encore qui sera chargé de couronner les deux premiers rois d’Israël, Saül et David ; à ce titre, il a vécu lui-même et fait vivre au peuple d’Israël un véritable tournant de son histoire ; il joue sûrement (aussi) un rôle important à la cour : on le voit transmettre aux rois les décisions de Dieu, et dans ces occasions, il est présenté comme un véritable prophète.
    Les deux phrases qui encadrent le récit de la vocation de Samuel insistent justement sur ce point ; les voici : le début du chapitre 3 précise : « La parole du SEIGNEUR était rare en ces jours-là, la vision n’était pas chose courante. » (1 S 3, 1). Et à la fin du récit, l’auteur conclut : « Samuel grandit. Le SEIGNEUR était avec lui et ne laissa aucune de ses paroles sans effet. Tout Israël, de Dan à Béer-Shéva, sut que Samuel était accrédité comme prophète du SEIGNEUR. Le SEIGNEUR continua d’apparaître à Silo. Le SEIGNEUR, en effet, se révélait à Samuel, à Silo, par la parole du SEIGNEUR, et la parole du SEIGNEUR s’adressait à tout Israël. » (1 S 3, 21s).
    Une telle insistance laisse penser que ce texte a été écrit à une époque où il était urgent de mettre le peuple en garde contre les faux prophètes, ceux qui se désignaient eux-mêmes au lieu de répondre à un appel de Dieu. Un vrai prophète, au contraire, c’est quelqu’un comme Samuel qui transmet au peuple toute la parole du Seigneur et seulement la parole du Seigneur. Peut-être l’auteur veut-il également raffermir la foi du peuple à une période difficile : en rappelant que même quand le Seigneur est silencieux, il ne nous oublie pas et son appel résonne… manière de dire : « La parole du SEIGNEUR était rare en ces jours-là, la vision n’était pas chose courante », eh bien justement c’est à ce moment de silence apparent que Dieu a appelé l’un de vos plus grands prophètes.
    … A LA VOCATION DES BAPTISES
    Enfin, bien sûr, ce récit nous propose un exemple pour le temps présent ; le récit de la vocation de Samuel est un modèle de réponse à l’appel de Dieu, un modèle d’acceptation d’une vocation prophétique. Voici donc quelques remarques sur la vocation de Samuel et à travers elle sur toute vocation prophétique ; on peut noter trois points :
    Sur l’appel, d’abord : Samuel n’est encore qu’un enfant ; pas besoin d’être âgé, fort, puissant, compétent ! On retrouve une fois de plus le paradoxe habituel : c’est dans la faiblesse humaine que Dieu se manifeste.
    Alors que Jérémie disait : « Ah, SEIGNEUR Dieu, je ne saurais parler, je suis trop jeune ! » Dieu lui a répondu : « Ne dis pas je suis trop jeune !… N’aie peur de personne, car je suis avec toi pour te libérer » (Jr 1, 7).
    A propos de l’appel encore, ce n’est pas Samuel qui a compris le premier qu’il était appelé par Dieu ; c’est le prêtre Eli. Il a su au bon moment aider Samuel à discerner la voix de Dieu.
    Là aussi sans aucun doute, l’auteur de ce texte propose un exemple à suivre : Eli s’efface ; il n’interfère pas dans ce qu’il reconnaît comme une initiative de Dieu ; il éclaire l’enfant et lui permet de répondre à l’appel.
    Sur la réponse enfin : elle est bien simple ! « Me voici » répété quatre fois et enfin « Parle, SEIGNEUR, ton serviteur écoute ». Elle est le reflet de la totale disponibilité, la seule chose que Dieu recherche pour poursuivre son projet d’alliance avec l’humanité. La dernière phrase de ce texte est encore une leçon pour chacun d’entre nous. « Samuel grandit, le SEIGNEUR était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet. » Dans le cadre de notre vocation propre, nous sommes assurés à chaque instant de la présence et de la force de Dieu.
    Enfin, il est vrai, et c’est presque une vérité de La Palice, que Samuel a pu répondre à l’appel parce qu’il l’a entendu ! Et il l’a entendu parce qu’il était dans le sanctuaire : Anne, sa mère, l’y avait conduit et Eli prenait soin de lui. Peut-être faut-il se donner et donner à ceux dont nous avons la charge des occasions de franchir les portes des sanctuaires pour y entendre l’appel de Dieu ?

    PSAUME – 39 (40), 2.4 7-11
    2 D’un grand espoir, j’espérais le SEIGNEUR,
    Il s’est penché vers moi
    4 Dans ma bouche il a mis un chant nouveau
    une louange à notre Dieu.
    7 Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice
    tu as ouvert mes oreilles
    tu ne demandais ni holocauste ni victime
    8 alors j’ai dit : « Voici, je viens. »
    Dans le livre est écrit pour moi
    9 ce que tu veux que je fasse.
    Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
    Ta Loi me tient aux entrailles.
    10 Vois, je ne retiens pas mes lèvres ,
    SEIGNEUR, tu le sais.
    11 J’ai dit ton amour et ta vérité
    A la grande assemblée.

    L’EVOLUTION DES SACRIFICES EN ISRAEL
    « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu ne demandais ni holocauste ni victime… ». Phrase étonnante pour nous qui croyons parfois que Dieu réclame des sacrifices ; et pourtant cette phrase est là : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. »
    Il a fallu toute une pédagogie des prophètes pour faire évoluer la pratique sacrificielle. Toute la Bible est l’histoire d’un long apprentissage et, avec ce psaume 39/40, nous sommes à la phase finale de cette lente transformation des relations entre Israël et son Dieu.
    Je reprends rapidement cette histoire des sacrifices en Israël : elle se développe en même temps que progresse la connaissance de Dieu. C’est logique : « sacrifier », (« sacrum facere » en latin) signifie « faire du sacré », entrer en contact ou mieux en communion avec Dieu. Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de Dieu. Donc au fur et à mesure qu’on découvre le vrai visage de Dieu, la pratique sacrificielle va changer.
    Je commence par le début : Première chose à retenir : ce n’est pas Israël qui a inventé la démarche du Sacrifice ou de l’offrande : (il y en a chez les autres peuples du Moyen Orient bien avant que le peuple hébreu ne mérite le nom de peuple).
    Deuxième constatation lorsqu’on s’intéresse à la pratique sacrificielle d’Israël : il y a toujours eu des offrandes et des sacrifices en Israël tout au long de l’histoire biblique. Il y a une très grande variété de sacrifices mais tous sont un moyen de communiquer avec Dieu.
    Troisième point : les sacrifices pratiqués par le peuple élu ressemblent à ceux de leurs voisins… oui, mais à une exception près et une exception qui est colossale : la spécificité des sacrifices en Israël, c’est que, dès le début de l’histoire biblique, les sacrifices humains sont strictement interdits. Il y en a eu ; c’est vrai. Et même si il y en a eu peu, on ne peut pas nier qu’il y a eu des sacrifices humains en Israël. Cela ne prouve pas que cela était permis et approuvé ! Au contraire, c’est une constante dans la Bible : les sacrifices humains sont de tout temps considérés comme une horreur ; Jérémie dit de la part de Dieu : « Cela, je n’en ai jamais eu idée! » et un peu plus loin : « Cela je ne l’ai jamais demandé et je n’ai jamais eu l’idée de faire commettre une telle horreur… » (Jr 7, 31 ; 19, 6 ; 32, 35). Et le fameux récit du sacrifice d’Abraham, ce que les Juifs appellent « la ligature d’Isaac » est lu justement comme la preuve que, depuis le début de l’Alliance entre Dieu et ce peuple qu’il s’est choisi, les sacrifices humains sont strictement interdits. Justement, Abraham va découvrir que « sacrifier » (« faire sacré ») ne veut pas dire « tuer » ! Il a offert son fils, il ne l’a pas tué.
    Si on y réfléchit, c’est tout ce qu’il y a de plus logique ! Dieu est le Dieu de la vie : impensable que pour nous rapprocher de Lui, il faille donner la mort ! Cette interdiction des sacrifices humains sera la première insistance de la religion de l’Alliance. On continuera à pratiquer seulement des sacrifices d’animaux. Puis peu à peu, on va assister au long des siècles à une véritable transformation, on pourrait dire une conversion du sacrifice. Cette conversion va porter sur deux points :
    DIS-MOI QUEL EST TON SACRIFICE…JE TE DIRAI QUEL EST TON DIEU
    Sur le sens des sacrifices d’abord, sur la matière des sacrifices ensuite :
    Premièrement, donc, la conversion va porter sur le sens des sacrifices : dans la Bible, au fur et à mesure que l’on découvre Dieu, les sacrifices vont évoluer. En fait, on pourrait dire : « Dis-moi tes sacrifices, je te dirai quel est ton Dieu ». Notre Dieu est-il un Dieu qu’il faut apprivoiser ? Dont il faut obtenir les bonnes grâces ? Auprès duquel il faut acquérir des mérites ? Un Dieu courroucé qu’il faut apaiser ? Un Dieu qui exige des morts ? Alors nos sacrifices seront faits dans cet esprit là, ce seront des rites magiques pour acheter Dieu en quelque sorte. Ou bien notre Dieu est-il un Dieu qui nous aime le premier… un Dieu dont le dessein n’est que bienveillant… dont la grâce est acquise d’avance, parce qu’il n’est que Grâce… le Dieu de l’Amour et de la Vie.
    Et alors nos sacrifices seront tout autres. Ils seront des gestes d’amour et de reconnaissance. Les rites ne seront plus des gestes magiques mais des signes de l’Alliance conclue avec Dieu.
    Toute la Bible est l’histoire de ce lent apprentissage pour passer de la première image de Dieu à la seconde. C’est nous qui avons besoin d’être apprivoisés, qui avons besoin de découvrir que tout est « cadeau », qui avons besoin d’apprendre à dire simplement « MERCI » (Ce que la Bible appellera plus tard le « sacrifice des lèvres »). Toute la pédagogie biblique vise à nous faire quitter la logique du « donnant-donnant », du calcul, des mérites, pour entrer dans la logique de la grâce, du don gratuit. Et notre apprentissage n’est jamais fini.
    Deuxièmement, la conversion va aussi porter sur la matière des sacrifices : les prophètes ont joué un grand rôle dans ce lent apprentissage du peuple élu. Ils lui ont fait découvrir peu à peu le véritable sacrifice que Dieu attend :
    accomplir des sacrifices au sens de « sacrum-facere » : « faire sacré », c’est tout à fait bien à condition de ne pas se tromper sur ce que Dieu attend de nous ! Tout se passe comme si les prophètes nous disaient : « tu veux entrer en relation avec Dieu…? Fort bien ! … à condition de ne pas te tromper de Dieu ! »
    C’est peut-être une phrase du prophète Osée (au huitième siècle) qui résume le plus parfaitement cette prédication des prophètes : « C’est l’amour que je veux et non les sacrifices » (Os 6, 6).
    On découvre peu à peu que le véritable « sacrifice », « faire sacré » consiste non plus à tuer mais à faire vivre. Dieu est le Dieu des vivants : donner la mort ne peut pas être la meilleure façon de nous rapprocher de Lui ! Faire vivre nos frères, voilà la seule manière de nous rapprocher de Lui.
    Et l’ultime étape de cette pédagogie des prophètes nous présentera l’idéal du sacrifice : c’est le service de nos frères. Nous trouvons cela dans les quatre Chants du Serviteur qui sont inclus dans le deuxième livre d’Isaïe. L’idéal du Serviteur qui est l’idéal du sacrifice, c’est « une vie donnée pour faire vivre ».
    Le psaume 39/40 résume donc admirablement la découverte biblique sur le Sacrifice : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, Tu as ouvert mes oreilles, tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens » sous-entendu pour me mettre à ton service et au service de nos frères.
    ————————–
    Complément
    « Tu as ouvert mes oreilles » (verset 7) : depuis l’aube de l’humanité, Dieu « ouvre l’oreille » de l’homme pour entamer avec lui le dialogue de l’amour ; le psaume 39/40 reflète le long apprentissage du peuple élu pour entrer dans ce dialogue : dans l’Alliance du Sinaï, les sacrifices d’animaux symbolisaient la volonté du peuple d’appartenir à Dieu ; dans l’Alliance Nouvelle, l’appartenance est totale : le dialogue est réalisé ; « Tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit voici, je viens ». Offrandes et sacrifices sont « spirituels » comme dira Saint Paul ; alors, le chant nouveau jaillit du coeur de l’homme : « J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée ».

    DEUXIEME LECTURE – 1ére lettre aux Corinthiens 6, 13… 20
    Frères,
    13 le corps n’est pas fait pour la débauche,
    il est pour le Seigneur,
    et le Seigneur est pour le corps.
    14 Et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur,
    et nous ressuscitera nous aussi.
    15 Ne le savez-vous ? Vos corps sont les membres du Christ.
    17 Celui qui s’unit au Seigneur
    ne fait avec lui qu’un seul esprit.
    18 Fuyez la débauche.
    Tous les péchés que l’homme peut commettre
    sont extérieurs à son corps ;
    mais l’homme qui se livre à la débauche
    commet un péché contre son propre corps.
    19 Ne le savez-vous pas ?
    Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint,
    lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ;
    vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes,
    20 car vous avez été achetés à grand prix.
    Rendez gloire à Dieu dans votre corps.

    TOUT EST PERMIS MAIS TOUT NE CONVIENT PAS
    Visiblement, il y avait des problèmes de comportement à Corinthe, puisque dans ces quelques lignes Paul emploie trois fois le mot « débauche » : il s’agit là clairement de la vie sexuelle, puisque le mot grec est « porneia » qui a donné en français « pornographie ». On sait bien que les moeurs étaient particulièrement relâchées à Corinthe à tel point que l’expression « vivre à la Corinthienne » (sous-entendu une vie sexuelle dissolue) était proverbiale.
    Pour se justifier, certains prétendaient que la sexualité est un besoin naturel au même titre que la nourriture et que nos choix n’engagent à rien : il faut manger pour vivre, et nous sommes libres de manger comme nous voulons. De la même manière, notre vie sexuelle ne regarde que nous ; chacun de nous peut bien se conduire dans ce domaine comme il veut, tout est permis.
    Paul donne donc ici une leçon de morale ; ce qui est très intéressant, c’est de voir les arguments qu’il emploie : il ne se place pas sur le terrain du permis et du défendu : plus profondément, il nous dit : soyez cohérents avec votre Baptême ; il y a une logique chrétienne. Il y a des comportements indignes d’un Chrétien. Dans le verset qui précède tout juste notre passage d’aujourd’hui, Paul a précisé : « Tout m’est permis, mais tout ne me convient pas ».
    « Tout est permis », disait Paul, sous-entendu : puisque l’Esprit de Dieu est en vous depuis votre Baptême, vous n’avez même plus besoin qu’on vous impose une loi de l’extérieur ; vous pouvez déterminer librement votre conduite : si elle est inspirée par l’Esprit de Dieu, elle est forcément conforme à la Loi de Dieu. Mais visiblement, certains Corinthiens employaient l’expression « Tout est permis » pour justifier leur vie de débauche. Ils retenaient « tout est permis » mais ils oubliaient « tout ne convient pas ».
    Puis Paul donne ses arguments :
    Premier argument : d’abord, on ne peut pas comparer l’alimentation et la vie sexuelle : la nourriture est une affaire de survie biologique ; tandis que la vie sexuelle engage notre être tout entier ; quand Paul emploie le mot « corps », il n’oppose pas le corps et l’âme, comme nous le faisons parfois ; pour lui, le corps c’est notre être tout entier dans sa vie affective, sociale, relationnelle ; car c’est bien par notre corps que nous entrons en relation avec les autres. La nourriture disparaîtra, la vie biologique cessera, mais notre vie affective, sociale, relationnelle a une dimension d’éternité ; la preuve, c’est que nous ressusciterons : « Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur, et nous ressuscitera nous aussi. »
    Vous voyez qu’il n’y a pas chez Paul une dépréciation de la sexualité ! Puisqu’au contraire, il dit qu’elle nous engage tout entiers et pour toujours, jusque dans l’éternité !
    Deuxième argument : la sexualité est une véritable union intime de votre être tout entier avec une autre personne, or, depuis votre Baptême, vous êtes intimement liés à Jésus-Christ. Vous ne vous appartenez plus ! Le nom « Chrétiens » le dit bien d’ailleurs : Chrétien, cela veut dire « du Christ » ! Pour exprimer cette vérité de manière forte, Paul va jusqu’à dire : « Ne le savez-vous ? Vos corps sont les membres du Christ. » Un peu plus loin il reprend la même idée sous une autre forme : « Vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes ».
    Peut-être Paul a-t-il découvert cette vérité sur le chemin de Damas ? La phrase de Jésus « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » lui a révélé le lien très intime qui existe entre chaque Chrétien et le Christ lui-même.
    VOTRE CORPS EST UN SANCTUAIRE DE L’ESPRIT SAINT
    Autre expression très forte : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint ». Pour comprendre la force de cette affirmation, il suffit de se rappeler combien, dans le monde antique, on avait le plus profond respect pour les temples, considérés comme des lieux sacrés ; pour un Juif comme Paul, le Temple de Jérusalem était le lieu privilégié de la Présence de Dieu ; et pour le dire, on disait que la Gloire de Dieu (entendez le rayonnement de sa Présence) résidait dans le Temple. Alors, on comprend la dernière phrase : « Rendez gloire à Dieu dans votre corps » ; cela veut dire, et c’est inouï, fantastique, que notre personne, que notre vie concrète est un reflet de la présence de Dieu.
    Paul présente donc ici aux Corinthiens une magnifique théologie du corps humain : membre du corps du Christ, temple de l’Esprit Saint, rayonnement de la présence de Dieu, destiné à la résurrection ; nous sommes tout cela !
    Reste une phrase difficile : « Le Seigneur vous a achetés très cher ». Bien sûr, il ne s’agit pas d’un prix d’argent ! Et on ne voit pas d’ailleurs à qui Dieu devrait payer quelque chose ! Paul fait allusion ici à toute l’oeuvre de Dieu pour sauver l’humanité :
    nous savons d’expérience parfois combien nous a coûté d’efforts, de patience, d’insomnies et de larmes la guérison d’un être aimé… ou combien coûte à certains la victoire sur le tabac, l’alcool, ou tout autre lien qui retenait prisonnier ; on dira aussi que quelqu’un a payé de sa vie tel ou tel acte de courage… Quand Saint Paul dit « Le Seigneur vous a achetés très cher », c’est de cet ordre-là : ce n’est pas du commerce ; mais Dieu a tout mis en oeuvre pour restaurer notre liberté.
    Depuis l’aube des temps, il a déployé toute sa patience et son amour pour accompagner l’humanité dans sa marche vers la liberté et la solidarité. Et le dernier acte de cette oeuvre de salut, c’est l’envoi du Fils Unique. C’est dire à quel point nous sommes précieux aux yeux de Dieu !
    C’est pour cette raison que Saint Léon au cinquième siècle osait dire : « Chrétien, rappelle-toi à quel chef tu appartiens et de quel corps tu es membre… Chrétien, prends conscience de ta dignité… »

    EVANGILE – selon saint Jean 1, 35 – 42
    En ce temps-là,
    35 Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
    36 Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :
    « Voici l’Agneau de Dieu. »
    37 Les deux disciples entendirent ce qu’il disait,
    et ils suivirent Jésus.
    38 Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient,
    et leur dit :
    « Que cherchez-vous ? »
    Ils lui répondirent :
    « Rabbi – ce qui veut dire : Maître -, où demeures-tu ? »
    39 Il leur dit :
    « Venez, et vous verrez. »
    Ils allèrent donc,
    ils virent où il demeurait,
    et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
    C’était vers vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
    40 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples
    qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
    41 Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :
    « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
    42 André amena son frère à Jésus.
    Jésus posa son regard sur lui et dit :
    « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas »
    – ce qui veut dire : « Pierre ».

    « L’AGNEAU DE DIEU » DANS L’ANCIEN TESTAMENT
    Jean-Baptiste prêche aux abords du Jourdain, et ce jour-là il est accompagné de deux de ses disciples, André, et un autre, dont nous ne saurons pas le nom : certains pensent qu’il s’agit peut-être de l’apôtre Jean lui-même ; voyant Jésus, Jean-Baptiste dit à ses disciples : « Voici l’Agneau de Dieu » et il n’en faut pas plus pour que les deux disciples quittent leur maître (Jean-Baptiste) pour se mettre à suivre Jésus.
    Saint Jean raconte : « Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus ». On peut en déduire que l’expression « Agneau de Dieu » était habituelle. Je m’arrête donc sur ce titre « d’agneau de Dieu » appliqué à Jésus :
    Pour des hommes qui connaissaient bien l’Ancien Testament, ce qui est le cas des disciples de Jean-Baptiste, l’expression « agneau de Dieu » pouvait évoquer quatre images très différentes.
    Premièrement, on pouvait penser à l’agneau pascal : le rite de la Pâque, chaque année, rappelait au peuple que Dieu l’avait libéré ; la nuit de la sortie d’Egypte, Moïse avait fait pratiquer par le peuple le rite traditionnel de l’agneau égorgé, mais il avait insisté : « Désormais, chaque année, ce rite vous rappellera que Dieu est passé parmi vous pour vous libérer. Le sang de l’agneau signe votre libération. »
    Deuxièmement, le mot « agneau » faisait penser au Messie dont avait parlé le prophète Isaïe : il l’appelait le Serviteur de Dieu et il le comparait à un agneau : « Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche. » (Is 53, 7). D’après Isaïe, le Serviteur de Dieu, le Messie subissait la persécution et la mort (c’est pour cela que le prophète parlait d’abattoir), mais ensuite il était reconnu comme le sauveur de toute l’humanité : Isaïe disait : « Voici que mon serviteur triomphera, il sera haut placé, élevé, exalté à l’extrême. » (Is 52, 13)
    Troisièmement, l’évocation d’un agneau, cela faisait penser à Isaac, le fils tendrement aimé d’Abraham. Or Abraham avait cru un moment que Dieu exigeait la mort d’Isaac en sacrifice. Et il était prêt à accomplir ce geste que nous trouvons horrible, parce qu’à son époque, d’autres religions le demandaient. Et, quand Isaac avait posé à son père la question « mais où est donc l’agneau pour l’holocauste ? », Abraham avait répondu : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils ». Et, Abraham ne croyait pas si bien dire : car au moment où il allait offrir son fils, Dieu avait arrêté son geste, comme chacun sait, en lui disant « ne porte pas la main sur l’enfant ». Et il avait lui-même désigné à Abraham un animal pour le sacrifice. Et depuis ce jour-là, en Israël, on a toujours su que Dieu ne veut à aucun prix voir couler le sang des hommes.
    Enfin, quatrièmement, en entendant Jean-Baptiste parler d’un agneau, les disciples ont peut-être pensé à Moïse ; car les commentaires juifs de l’Exode comparaient Moïse à un agneau : ils imaginaient une balance : sur l’un des deux plateaux, il y avait toutes les forces de l’Egypte rassemblées : Pharaon, ses chars, ses armées, ses chevaux, ses cavaliers. Sur l’autre plateau, Moïse représenté sous la forme d’un petit agneau. Eh bien, face à la puissance des Pharaons, c’étaient la faiblesse et l’innocence qui l’avaient emporté.
    JESUS, L’AGNEAU DE DIEU
    Nous ne savons évidemment pas ce que Jean-Baptiste avait en vue lorsqu’il a comparé Jésus à un agneau ; mais, lorsque, bien longtemps après, l’évangéliste Jean rapporte la scène, il nous invite à rassembler toutes ces images différentes ; à ces yeux, c’est l’ensemble de ces quatre images qui dessine le portrait du Messie. Tout d’abord, il est le véritable « agneau pascal », car il libère l’humanité du pire esclavage, celui du péché. Il ôte le péché du monde, ce qui pourrait se traduire « il répand l’amour sur le monde », il réconcilie l’humanité avec Dieu.
    Deuxième facette de sa personne, il mérite bien le titre de Serviteur de Dieu puisqu’il accomplit la mission fixée au Messie, celle d’apporter le salut à l’humanité ; et comme le serviteur souffrant décrit par Isaïe, il a connu l’horreur et la persécution (c’est la croix) puis la gloire (et c’est la Résurrection).
    Troisièmement, Saint Jean nous invite à voir en Jésus un nouvel Isaac. Lui aussi est un fils tendrement aimé totalement offert et disponible à la volonté du Père. Comme le dit la lettre aux Hébreux (en reprenant le psaume 39/40 : « En entrant dans le monde, le Christ dit : « Tu ne voulais ni offrandes ni sacrifices… alors je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. »
    Enfin, quatrièmement, vous vous souvenez que la petitesse de Moïse face aux forces de Pharaon était comparée à celle d’un agneau. Et, grâce à Dieu, le petit avait réussi à conquérir sa liberté et celle de son peuple. L’image s’applique tout aussi bien à Jésus, le « doux et humble de coeur », comme il le disait lui-même.
    Les événements de la vie, la mort et la Résurrection du Christ accompliront donc encore mieux que Jean-Baptiste ne pouvait l’entrevoir ce mystère de l’agneau victime et pourtant triomphant ; comme le dit Saint Pierre dans sa première lettre : « Vous avez été rachetés (c’est-à-dire libérés) de la vaine manière de vivre héritée de vos pères, par le sang précieux, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, celui du Christ… » (1 P 1, 18 – 19). Et ici, comme on le sait, « sang » veut dire « vie offerte ».
    ——————————-
    Complément
    On sait à quel point l’image de l’agneau était importante dans la méditation de Jean, l’auteur de l’Apocalypse.


  • Bénédiction de l'autel de l'église du Sanctuaire ND de Toute-Aide

    Vendredi 5 janvier 2018, le nouvel autel a été livré et mis en place dans le chœur par des bénévoles du sanctuaire. Notre-Dame de Toute-Aide à Querrien (L.a Prénessaye). La bénédiction a eu lieu le dimanche 7 janvier lors de la célébration eucharistique présidée par Mgr Denis Moutel évêque de Saint-Brieuc et Tréguier.

    Installation de l'autel

    Bénédiction de l'autel

    Bénédiction de l'autel
    Bénédiction de l'autel
    Bénédiction de l'autel
    Bénédiction de l'autel
    Encensement de l'autel
    Encensement de l'autel


    De gauche à droite : Fernand Léon (association des amis), Sr Josette, Sr Yvonne, Abbé Paul Laurent, Abbé Paul Houé, Sr Monique, Abbé Edgar Dahoui, Mgr Denis Moutel, Cyrille Botte (métallier), Lionel Lespert (ébéniste), Abbé Laurent Le Meilleur, Michel Blanchard (diacre), Serge Kerrien (diacre), Abbé Robert Josse, René Moy (association des amis), Abbé Gérard Nicole

    Mgr Denis Moutel sur Twitter

    querrien
    querrien

  • Pèlerinage à Lisieux pour les 4e

    Un week-end diocésain proposé aux 4es pour partir à la découverte d'une jeune sainte « Thérèse de l'enfant Jésus ».

    la Pastorale des jeunes du diocèse propose aux jeunes de 4e, un week-end à Lisieux sur les pas de Ste Thérèse.

    Thérèse de Lisieux
    Thérèse de Lisieux

    Au programme :

    Pèlerinage, découverte de la vie de Sainte-Thérèse, veillée, visites, rencontres, témoignages…

    Thérèse de Lisieux
    Thérèse de Lisieux

    Le pèlerinage sera animé par le groupe AVELIG, et accompagné par Mgr Denis Moutel.

    • Tarif : 80 €
    • Voyage en car, logement dans un hébergement du sanctuaire de Lisieux

    S'inscrire en ligne au pélerinage

    [(Chaque jeune doit être inscrit par l'intermédiaire d'une paroisse, un mouvement, un collège, une aumônerie, une équipe de confirmation…


  • Mgr Michel Aupetit, nommé Ordinaire des catholiques orientaux

    À la suite de la publication de la démission du Cardinal André VINGT-TROIS du gouvernement pastoral de l’archidiocèse de Paris, le 7 décembre 2017, le Pape François confie à Mgr Michel AUPETIT, archevêque de Paris, la charge d’Ordinaire des fidèles de rite oriental résidant en France, dépourvus d’Ordinaire de leur propre rite.

    Plus d’information sur l’Ordinariat en cliquant ici.


  • Homélie du dimanche 14 janvier

    Dimanche 14 janvier 2018
    2éme dimanche du temps ordinaire

    Références bibliques :
    Lecture du Livre de Samuel : 1 Samuel 3 à 19 : « Tu m’as appelé, me voici…Ton serviteur écoute. »
    Psaume 39 : Tu as ouvert mes oreilles… j’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée. »
    Lettre de saint Paul aux Corinthiens : 1 Cor. 6. 13 à 20 : »Vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur vous a achetés très cher. Rendez gloire à Dieu dans votre corps. »
    Evangile selon saint Jean. 1. 35 à 42 : « Venez et vous verrez… ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. »
    ***
    Dieu nous parle parce qu’il est un être vivant. Quand un être s’exprime c’est qu’il a un trop plein d’amour à faire connaître et à communiquer aux autres. Dieu nous parle par celui-là même qui est sa Parole, son Verbe, son « Logos » C’est ce que saint Jean l’apôtre a découvert sur les bords du Jourdain.
    LE PROLOGUE NOUS DIT SA DECOUVERTE

    Les versets 19 à 51 du premier chapitre de l’évangile de saint Jean prolongent ce qu’ils y dit dans les versets 1 à 18. Jésus est bien la lumière du monde et le Baptiste en témoigne dans ses réponses aux questions des Pharisiens.

    Dieu, personne ne l’a vu. C’est son Fils unique qui le fait connaître au monde (Jean 1. 18) : »J’ai vu et j’ai témoigné que celui-ci est le Fils de Dieu. » (Jean 1. 34à « Ceux-là sont nés non d’un vouloir d’homme, mais d’un vouloir de Dieu. » (Jean1. 12) « C’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint. » (Jean 1. 33)

    Ce n’est pas un simple exercice littéraire que de mettre en parallèle ces deux séquences du prologue du quatrième évangile. C’est bien ce qu’a vécu Jean l’évangéliste en ces heures de l’appel, puis au cours des années de vie partagée avec Jésus. Sur les routes de Palestine, au pied de la croix, au matin de la résurrection quand il accourt au tombeau, Jean reçoit la révélation de cette présence divine qui a été si proche de lui.

    « Venez et vous verrez,. » lui avait dit Jésus. « Nous l’avons entendu, nous l’avons vu de nos propres yeux, nous l’avons regardé et nos mains l’ont touché. »
    Au long de sa prédication comme au travers de son témoignage dans les premières communautés chrétiennes, il découvre l’intimité de cette présence divine en lui. « Tous nous avons reçu de sa plénitude et grâce sur grâce. » (Jean 1. 15) Beaucoup de ceux qui témoignent  de la pensée et de la vie du Christ devant leurs frères, découvrent aussi cette présence. Jean le traduit ainsi dans ses lettres : »Nous demeurons en lui et lui en nous. Il nous a donné de son Esprit. » (1 Jean 4. 13)
    PLUS QU’UN SOUVENIR LOINTAIN
    Le récit de la rencontre de Jean et d’André avec Jésus est plus détaillée que ne le sont d’ordinaire les récits du 4ème évangile. Il a l’aspect d’un souvenir, lointain peut-être mais toujours proche parce repris dans sa mémoire, inventorié et ravivé comme il en arrive des événements qui ont changé le cours de notre vie.
    L’emploi de la forme sémitique « Rabbi » nous dit bien qu’elle est la première recherche de ces deux disciples. Jean n’oubliera jamais ce qu’il a prononcé. Mais Jésus dépasse cette attente. L’évangéliste n’oubliera jamais l’intensité du regard du précurseur sur Jésus : » Attachant son regard sur Jésus qui passait. »(Jean 1. 36)
    « Rabbi » était parfois un terme de politesse. En fait, l’évangéliste utilise en grec un terme très précis. « Didascalos, celui qui enseigne. » Ils sont en quête intérieure pour entendre son enseignement. Ils rejoignent la vie intérieure du Christ.
    Ils pensaient suivre un maître qui enseigne. La grâce et la force de l’Esprit Saint dans le Christ vont les mettre en communion avec celui qui Vérité et Vie. Ils vivent les premières heures de la proximité divine.
    QUAND JESUS PASSE
    Jésus passe, sans s’arrêter, comme pour ne pas provoquer une nouvelle déclaration, comme pour montrer déjà l’étape franchie entre lui et le Précurseur. Jean-Baptiste leur répète brièvement ce qu’il a déclaré la veille : »C’est l’agneau de Dieu, celui qui est plus important que lui, le précurseur.
    Ce rappel plus incisif que le premier est aussi plus décisif, comme cela nous arrive dans notre vie quand un discours passe de la réflexion de l’intelligence raisonnante à sa transcription dans la volonté du vécu, grâce à l’intelligence du cœur, où réside l’amour.
    Lors de cette rencontre, le Christ s’y montre avec moins d’empire que dans la vocation des bords du lac. Au Jourdain, il y a comme une séduction persuasive et cette première entrevue explique bien la vocation définitive de ces premiers disciples. En l’évoquant, il ne se souvient pas s’ils étaient ou non avec le Baptiste ou si, selon ce que nous en savons, il y avait d’autres disciples. Leur mémoire n’a conservé que l’intensité de ce moment vécu par eux deux.
    Jésus se retourne et les regarde attentivement. Sa demande est la première parole qu’il prononce dans l’évangile johannique. Elle ne peut être une phrase banale : »Vous désirez me parler ? » Elle équivaut à « Avez-vous besoin de quelque chose ? » tout en autorisant un sens plus profond.
    Si les deux disciples suivent Jésus dans une telle circonstance, c’est qu’ils attendent de lui un bien d’ordre moral et spirituel, dont ils ne savent pas comment le dire. :Que cherchez-vous ? » est une question qui est posée à nous tous, à tout lecteur de l’Evangile. Nous cherchons un sens un « plus d’être » et non pas un « avoir. »
    L’ACCUEIL DE NOTRE ATTENTE
    Les villages étaient rares au bord du Jourdain, mais on pouvait y dormir en plein air ou dans des cabanes de roseaux selon les coutumes de ce temps. J »sus avait là sans doute un abri temporaire pour les jours qu’il avait résolu de demeurer aux alentours du Baptiste, ce que suggère le texte qui parle de : »là où il demeurait. » (Jean 1. 39)
    La réponse de Jésus est calquée sur la demande. Mais comme la demande impliquait plus que ne le disaient les termes, la réponse a dû être accompagnée d’un sourire, ajoute le P. Lagrange dans son austère commentaire de la collection des « Etudes bibliques. » : »Vous verrez où je demeure, soyez les bien-venus. »
    Ils virent. Mais quoi ? et l’évangéliste ne dit rien de ce que nous aimerions savoir. Que ce sont-ils dit depuis quatre heures de l’après-midi jusqu’au soir, et le lendemain encore après la nuit passée en cet abri ? Nous savons seulement qu’ils sont venus à la source de la Parole de Dieu.
    Il nous faut aussi revenir à la source d’origine de notre vocation pour la vie qui est la nôtre, si nous voulons puiser l’eau pure de nos véritables intentions, l’eau pure qu’aucune pollution n’a touchée durant son cheminement dans l’espace et le temps de son parcours vers la mer. Pour s’y abreuver, il nous faut remonter alors à contre-courant de nous-mêmes et de bien des situations dans lesquelles nous nous sommes enfermés.
    Le Jourdain de Jean le Baptiste n’est pas la source jaillissant en vie éternelle. La source, c’est Jésus. « Nous avons trouvé ! » peut s’écrier André en appelant son frère Pierre à partager sa découverte. Et Pierre répond immédiatement, ce qui nous suggère qu’il désirait lui aussi le rencontrer. Il suffisait d’un mot pour l’entraîner.
    En l’accueillant, Jésus, comme il l’avait fait sur André e Jean (Jean 1. 36) pose son regard sur lui, avant de prononcer une parole importante pour le Royaume à venir. Ce n’est pas l’invitation souriante et persuasive de la veille. C’est avec autorité qu’il prend possession de son disciple en changeant son nom et en lui imposant sa décision. « Désormais tu es Pierre. » Comme Dieu l’avait fait à Abraham.
    L’ACCUEIL DE SON APPEL
    André, Jean, Simon-Pierre, chacun à sa manière, entendent l’appel et chacun, à sa manière, y répond. Le Seigneur ne demande pas l’uniformité. Il respecte chaque personnalité, il accepte et même endure les imperfections, allant jusqu’au reniement de saint Pierre. Mais, en eux comme en nous, il sait notre attitude fondamentale et c’est sur elle qu’il appuie son appel.
    Les autres lectures de la liturgie de ce dimanche nous sont instructives en ce domaine. Le jeune Samuel entend la voix de Dieu, mais il ne la discerne pas. Il lui faudra l’intervention du prêtre Eli, qui est loin d’être une « perfection », pour entendre « le Seigneur qui vient se placer près de lui… et Samuel  répondit ‘parle, ton serviteur écoute ». (1 Samuel 3. 19)
    Les habitants de Corinthe avaient une très mauvaise réputation de débauches de toutes sortes. Il n’y succombait pas tous, mais l’ambiance était tout aussi délétère que celle que nous connaissons dans nos villes contemporaines ou dans les productions médiatiques qui pénètrent en nos foyers. Mais « celui qui s’unit au Seigneur n’est plus qu’un seul esprit avec lui… vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes… vous rendez gloire à Dieu dans votre corps. » (1 Cor. 6. 13)
    ***
    « C’est toi qui donnes la vie, c’est toi qui sanctifies toutes choses par ton Fils, Jésus-Christ notre Seigneur, avec la puissance de l’Esprit-Saint. » (Prière eucharistique N° 3)
    « Tu verras l’Esprit-Saint descendre sur un homme. C’est lui qui va baptiser avec l’Esprit-Saint. » (Jean 1. 33) Puissions-nous vivre ainsi en chaque Eucharistie !


dimanche 7 janvier 2018

jeudi 4 janvier 2018

mercredi 3 janvier 2018

  • Délégué départemental (H/F) du Secours catholique - Caritas France des Côtes d'Armor

    CDI Temps plein
    Siège de la délégation et poste localisés à Saint-Brieuc
    Déplacements sur le territoire

    Mission

    Au sein de la délégation des Côtes d'Armor, sous la responsabilité du délégué régional et en lien avec le président de la délégation, le diocèse et le siège national du Secours Catholique-Caritas France, vous :

    • Contribuez au pilotage stratégique de la délégation, au sein du Bureau - de la conception du projet aux objectifs adaptés aux réalités sociales et économiques des territoires - dans une démarche participative et prospective.
    • Pilotez opérationnellement la mise en œuvre du projet, des politiques et objectifs de la délégation en développant l'autonomie des acteurs.
    • Pilotez et coordonnez l'animation et le développement des réseaux d'acteurs de solidarité et leur capacité à agir à travers l'équipe d'animation.
    • Managez l'équipe des salariés et assure la gestion courante des ressources humaines de la délégation.
    • Assurez le fonctionnement général de la délégation et sa gestion dans les domaines administratifs, financiers, juridiques et immobiliers, en conformité avec les règles nationales, en lien étroit avec le/la trésorier(e).
    • Soutenez les relations avec l'Eglise locale tant au niveau des territoires que du diocèse, et avez une approche pastorale, ecclésiale et un rôle d'animation spirituelle (dans l'ouverture et la richesse de chacun).
    • Agissez à travers un réseau de partenaires institutionnels et associatifs et contribuez à la stratégie de relations institutionnelles et de plaidoyer de la délégation.
    • Favorisez le développement de dynamiques régionales (contribution à la vie régionale et nationale).
    • Veillez à assurer le déploiement local du projet associatif et de la politique nationale.
    • Veillez à une communication interne/externe adaptée aux enjeux.

    Missions plus spécifiques / contexte

    • Accompagner les acteurs dans l'appropriation du nouveau projet national 2016-2025 et dans l'élaboration participative du projet de délégation 2018-2023.
    • Assurer la mise en œuvre de ce nouveau projet de délégation 2018-2023 en suivant un plan d'action participatif progressif chaque année.
    • Favoriser le renfort de d'engagement bénévole et sa vitalité, ainsi que le renfort de l'animation territoriale en s'appuyant sur les acteurs de solidarité locaux.

    Profil recherché

    • Expérience confirmée (5 à 10 ans minimum) du management dans un milieu professionnel similaire
    • Reconnu(e) pour une aptitude à conduire des projets, et à construire, piloter et évaluer ces projet
    • Capacité à accompagner le déploiement d'un projet associatif en contribuant à accompagner les actions et évolutions à vivre dans ce cadre
    • Intérêt fort à associer tous les acteurs et encourager le développement de la fraternité dans des démarches participatives avec les personnes concernées par la pauvreté.
    • Capacité à articuler réflexion stratégique (en équipe de bureau) et management opérationnel (avec les équipes salariées et bénévoles)
    • Capacité à anticiper, construire, porter et partager une vision.
    • Qualités relationnelles fortes, capacité d'écoute, souplesse, capacité à développer un esprit d'équipe, attention aux personnes, créativité, inventif/curieux.
    • Capacité à agir dans un environnement d'acteurs variés et complexes, capacité à nouer des partenariats en bonne complémentarité sur le territoire.
    • Connaissance de l'environnement ecclésial et capacité à porter les liens avec le diocèse dans l'ouverture et les liens interculturels et interreligieux.
    • Capacité à assurer alternativement une présence au sein de la délégation, sur les territoires, auprès des relations externes et en Église.
    • Adhésion au projet et aux valeurs du Secours Catholique - Caritas France.
    • Maîtrise des outils informatiques.
    • Disponibilité et souplesse horaire requises. Permis B indispensable.

    Pour toute candidature

    www.secours-catholique.org/offres-emploi-stages/deleguee-hf-delegation-des-cotes-darmor

    ou :

    Secours Catholique – Caritas France
    Direction des Ressources Humaines
    106, rue du Bac
    75341 Paris Cedex 07


  • Les nouveautés 2018 des éditions Salvator

    Liste à retrouver en pièce jointe au format pdf de cet article !

    Editions Salvator
    Editions Salvator

    Avis de parution

    Janvier 2018

    • « Cathos, ne devenons pas une secte », de Patrice de Plunkett - Un avertissement contre le repli des chrétiens
    • « Une diversité menacée - Les chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme », de Joseph Yacoub - Une analyse historico-politique de la situation des chrétiens d'Orient
    • « Plaidoyer pour l'unité », de A. Siniakov, P. Mahieu, M. Cool - Un moine, et un prêtre orthodoxe pour l'unité
    • « Journal d'un novice », de Stan Rougier - Le journal du père Rougier
    • « Frère Elie - Compagnon de François d'Assise », de Salvatore Attal - La vie du plus proche compagnon du Poverello
    • « Liturgie de pèlerinage et dévotion populaire », de Gilles Drouin - Redécouvrir la dévotion populaire
    • « Le Verbe s'est fait chair - Commentaire biblique de l'Évangile de Jean », de Michel Hubaut - La lecture évangélique d'un franciscain
    • « Noces Algériennes », de Thierry Leroy - Un voyage humain et spirituel au cœur d'Alger

    Février 2018

    • « Miettes spirituelles », de Prosper Monier - Des textes d'un auteur marquant
    • « La victoire de l'amour - Chemin de croix », d'Anne-Marie Pelletier - Le premier chemin de croix du Vatican écrit par une femme laïque
    • « Garder confiance face à la maladie », d'Anselm Grün - Un livre-soutien pour appréhender la maladie
    • « Quoi de neuf docteur ? », de Laurent Lemoine - Psychanalyse et christianisme sont-ils compatibles ?
    • « Hildegarde de Bingen », de Daniel Elouard - Une femme dont la notoriété ne cesse de croître
    • « Les saints nous conduisent à Jésus », de François-Marie Léthel, Élisabeth de Baudouin - Les saints, chemin vers le Christ
    • « La grâce de l'éclat de rire », d'Annabelle Combes - Un roman qui dit comment se reconstruire après une épreuve tragique

    Mars 2018

    • « Les plaisirs et les mots », de Laurence Cossé - Une romancière dessine le quotidien
    • « Les religions c'est fini ? », d'Odon Vallet - Le surprenant devenir des religions du monde
    • « L'Aube du christianisme », de Robert J. Hutchinson - La suite du succès « Enquête sur le Jésus historique »
    • « Les reliques - Histoire d'une dévotion universelle », de Patrick Sbalchiero - A lire pour tout savoir sur les reliques
    • « Enquête sur les hérésies », de Nathalie Trouiller - Indispensable pour connaître les hénérésies
    • « De Moscou à Saint-Pétersbourg - Voyage dans la Russie de Poutine », d'Antoine Arjakovsky - Un voyage en Russie pour en découvrir l'âme
    • « La terre t'appartient - Lettres aux jeunes chercheurs de sens », d'Olivier Pons - Une invitation à changer le monde
    • « Le christianisme n'existe pas », de Dominique Collin - Un essai décapant écrit par un jeune théologien prometteur
    • « Heureux les enseignants - Des pistes pour se ressourcer », de Christiane Conturie - Un ressourcement spirituel pour enseignants et chercheurs
    • « Nicolas Barré - Un minime au Grand Siècle », de Dominique Sabourdin-Perrin - Découvrir une figure de l'Ecole française de spiritualité

  • 14 janvier 2018, 104e Journée mondiale du migrant et du réfugié

    >> Plus d'informations en pièce jointe :

    • La prière de l'Église rédigée pour l'occasion et les missions de la pastorale des migrants du diocèse dans le « document sur la journée du 14 janvier »,
    • Et le message 2018 du Pape François.

    Le 14 janvier 2018, l'Église universelle célèbre la 104e Journée mondiale du migrant et du réfugié. Cette année, le Pape François a choisi pour thème quatre verbes pour guider notre réflexion et nos actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés.

    Pour le Pape, « tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s'identifie à l'étranger de toute époque accueilli ou rejeté (cf. Mt 25, 35.43). Le Seigneur confie à l'amour maternel de l'Église tout être humain contraint à quitter sa propre patrie à la recherche d'un avenir meilleur. Cette sollicitude doit s'exprimer concrètement à chaque étape de l'expérience migratoire : depuis le départ jusqu'au voyage, depuis l'arrivée jusqu'au retour. C'est une grande responsabilité que l'Église entend partager avec tous les croyants ainsi qu'avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, qui sont appelés à répondre aux nombreux défis posés par les migrations contemporaines, avec générosité, rapidité, sagesse et clairvoyance, chacun selon ses propres possibilités ». Pour plus de renseignements : www.migrations.catholique.fr.

    La Pastorale des migrants en quelques mots

    La Pastorale des Migrants, c'est à la fois un service national au sein de la Conférence des Évêques de France, des équipes diocésaines, des aumôneries nationales et locales, un pôle « Jeunes » et des publications : le courrier de la Pastorale, les cahiers de la Pastorale, une lettre d'information électronique.
    Elle a pour mission d'humaniser la rencontre avec l'étranger, d'être solidaire avec le frère en difficulté et d'encourager les Églises locales à accueillir les communautés chrétiennes d'origine étrangère.
    Dans le diocèse des Côtes d'Armor, la Pastorale des migrants s'organise autour d'Yves Piron, diacre, entouré d'une équipe composée de Sœur Gertrude Nwachukwu, Sophie Bahé et Catherine Piron.

    La journée du 14 janvier
    dans le diocèse de Saint-Brieuc

    A la demande de Mgr Denis Moutel, toutes les paroisses sont invitées à célébrer et à donner corps, chacune à sa mesure, à cette journée particulière. L'Église diocésaine est invitée à se rassembler autour d'un temps fort qui sera cette année organisé sur la paroisse de Lannion.
    La messe sera célébrée à 10h30 à l'église Saint Jean du Baly et suivie d'un verre de l'amitié. Un temps convivial ouvert à tous se déroulera ensuite à l'église Saint Yves (quartier de Ker Uhel) autour d'un repas partagé (merci à chacun d'apporter un plat salé ou sucré) puis d'une après‐midi festive pour s'ouvrir à la rencontre de son prochain, qu'il soit notre voisin ou qu'il vienne du bout de la terre.

    Contact

    Pour plus d'informations sur cette journée, contacter Yves Piron :


mardi 2 janvier 2018

  • 19 janvier 2018 : Journée d'étude pour la journée mondiale du migrant 2018
    Une journée d'étude sur le thème 2018 aura lieu vendredi 19 janvier à la Maison des évêques : "Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer les migrants et les réfugiés" Le 14 janvier 2018, l'Eglise universelle célèbre la 104ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Le pape François a choisi quatre (...)

  • 4 février : Solennités de sainte Jeanne de France
    Les sœurs Annonciades fêtent sainte Jeanne de France, leur fondatrice. Au monastère de Villeneuve-sur-Lot Le samedi 3 février 2018 > 14 h 45 : Conférence de Mgr Hubert Herbreteau : « Une spiritualité mariale avec sainte Jeanne de France et avec la future bienheureuse Adèle de Trenquelléon » > 16 h 00 (...)

  • "Sainte Élisabeth de la Trinité.Témoin éclatant de la joie"
    Dernier numéro de la revue Documents Épiscopat (janvier 2018) « Juste un an après sa canonisation, la figure de sainte Élisabeth de la Trinité interpelle notre époque. Jeune fille parfaitement insérée dans le monde, elle y vit l'intimité avec le Christ à laquelle tout baptisé est appelé. Carmélite, elle (...)

  • Commentaires du dimanche 7 janvier

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 7 janvier 2018
    Fête de l’Epiphanie

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Isaïe 60, 1 – 6
    1 Debout, Jérusalem, resplendis !
    Elle est venue, ta lumière,
    et la gloire du SEIGNEUR s’est levée sur toi.
    2 Voici que les ténèbres couvrent la terre,
    et la nuée obscure couvre les peuples.
    Mais sur toi se lève le SEIGNEUR,
    Sur toi sa gloire apparaît.
    3 Les nations marcheront vers ta lumière,
    et les rois, vers la clarté de ton aurore.
    4 Lève les yeux alentour, et regarde :
    tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ;
    tes fils reviennent de loin,
    et tes filles sont portées sur la hanche.
    5 Alors tu verras, tu seras radieuse,
    ton coeur frémira et se dilatera.
    Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi,
    vers toi viendront les richesses des nations.
    6 En grand nombre, des chameaux t’envahiront,
    de jeunes chameaux de Madiane et d’Epha.
    Tous les gens de Saba viendront,
    apportant l’or et l’encens ;
    ils annonceront les exploits du SEIGNEUR.

    Vous avez remarqué toutes les expressions de lumière, tout au long de ce passage : « Resplendis, elle est venue ta lumière… la gloire (le rayonnement) du SEIGNEUR s’est levée sur toi (comme le soleil se lève)… sur toi se lève le SEIGNEUR, sa gloire brille sur toi…ta lumière, la clarté de ton aurore…tu seras radieuse ».
    On peut en déduire tout de suite que l’humeur générale était plutôt sombre ! Je ne dis pas que les prophètes cultivent le paradoxe ! Non ! Ils cultivent l’espérance.
    Alors, pourquoi l’humeur générale était-elle sombre, pour commencer. Ensuite, quel argument le prophète avance-t-il pour inviter son peuple à l’espérance ?
    Pour ce qui est de l’humeur, je vous rappelle le contexte : ce texte fait partie des derniers chapitres du livre d’Isaïe ; nous sommes dans les années 525-520 av.J.C., c’est-à-dire une quinzaine ou une vingtaine d’années après le retour de l’exil à Babylone. Les déportés sont rentrés au pays, et on a cru que le bonheur allait s’installer. En réalité, ce fameux retour tant espéré n’a pas répondu à toutes les attentes.
    D’abord, il y avait ceux qui étaient restés au pays et qui avaient vécu la période de guerre et d’occupation. Ensuite, il y avait ceux qui revenaient d’Exil et qui comptaient retrouver leur place et leurs biens. Or si l’Exil a duré cinquante ans, cela veut dire que ceux qui sont partis sont morts là-bas… et ceux qui revenaient étaient leurs enfants ou leurs petits-enfants … Cela ne devait pas simplifier les retrouvailles. D’autant plus que ceux qui rentraient ne pouvaient certainement pas prétendre récupérer l’héritage de leurs parents : les biens des absents, des exilés ont été occupés, c’est inévitable, puisque, encore une fois, l’Exil a duré cinquante ans !
    Enfin, il y avait tous les étrangers qui s’étaient installés dans la ville de Jérusalem et dans tout le pays à la faveur de ce bouleversement et qui y avaient introduit d’autres coutumes, d’autres religions…
    Tout ce monde n’était pas fait pour vivre ensemble…
    La pomme de discorde, ce fut la reconstruction du Temple : car, dès le retour de l’exil, autorisé en 538 par le roi Cyrus, les premiers rentrés au pays (nous les appellerons la communauté du retour) avaient rétabli l’ancien autel du Temple de Jérusalem, et avaient recommencé à célébrer le culte comme par le passé ; et en même temps, ils entreprirent la reconstruction du Temple lui-même.
    Mais voilà que des gens qu’ils considéraient comme hérétiques ont voulu s’en mêler ; c’étaient ceux qui avaient habité Jérusalem pendant l’Exil : mélange de juifs restés au pays et de populations étrangères, donc païennes, installées là par l’occupant ; il y avait eu inévitablement des mélanges entre ces deux types de population, et même des mariages, et tout ce monde avait pris des habitudes jugées hérétiques par les Juifs qui rentraient de l’Exil.
    Alors la communauté du retour s’est resserrée et a refusé cette aide dangereuse pour la foi : le Temple du Dieu unique ne peut pas être construit par des gens qui, ensuite, voudront y célébrer d’autres cultes ! Comme on peut s’en douter, ce refus a été très mal pris et désormais ceux qui avaient été éconduits firent obstruction par tous les moyens. Finis les travaux, finis aussi les rêves de rebâtir le Temple !
    Les années ont passé et on s’est installés dans le découragement. Mais la morosité, l’abattement ne sont pas dignes du peuple porteur des promesses de Dieu. Alors, Isaïe et un autre prophète, Aggée, décident de réveiller leurs compatriotes : sur le thème : fini de se lamenter, mettons-nous au travail pour reconstruire le Temple de Jérusalem. Et cela nous vaut le texte d’aujourd’hui :
    Connaissant le contexte difficile, ce langage presque triomphant nous surprend peut-être ; mais c’est un langage assez habituel chez les prophètes ; et nous savons bien que s’ils promettent tant la lumière, c’est parce qu’elle est encore loin d’être aveuglante… et que, moralement, on est dans la nuit. C’est pendant la nuit qu’on guette les signes du lever du jour ; et justement le rôle du prophète est de redonner courage, de rappeler la venue du jour. Un tel langage ne traduit donc pas l’euphorie du peuple, mais au contraire une grande morosité : c’est pour cela qu’il parle tant de lumière !
    Pour relever le moral des troupes, nos deux prophètes n’ont qu’un argument, mais il est de taille : Jérusalem est la Ville Sainte, la ville choisie par Dieu, pour y faire demeurer le signe de sa Présence ; c’est parce que Dieu lui-même s’est engagé envers le roi Salomon en décidant « Ici sera Mon Nom », que le prophète Isaïe, des siècles plus tard, peut oser dire à ses compatriotes « Debout, Jérusalem ! Resplendis… »
    Le message d’Isaïe aujourd’hui, c’est donc : « vous avez l’impression d’être dans le tunnel, mais au bout, il y a la lumière. Rappelez-vous la Promesse : le JOUR vient où tout le monde reconnaîtra en Jérusalem la Ville Sainte. » Conclusion : ne vous laissez pas abattre, mettez-vous au travail, consacrez toutes vos forces à reconstruire le Temple comme vous l’avez promis.
    J’ajouterai trois remarques pour terminer : premièrement, une fois de plus, le prophète nous donne l’exemple : quand on est croyants, la lucidité ne parvient jamais à étouffer l’espérance.
    Deuxièmement, la promesse ne vise pas un triomphe politique… Le triomphe qui est entrevu ici est celui de Dieu et de l’humanité qui sera un jour enfin réunie dans une harmonie parfaite dans la Cité Sainte ; reprenons les premiers versets : si Jérusalem resplendit, c’est de la lumière et de la gloire du SEIGNEUR : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue ta lumière, et la gloire du SEIGNEUR s’est levée sur toi… sur toi se lève le SEIGNEUR, et sa gloire brille sur toi… »
    Troisièmement, quand Isaïe parlait de Jérusalem, déjà à son époque, ce nom désignait plus le peuple que la ville elle-même ; et l’on savait déjà que le projet de Dieu déborde toute ville, si grande ou belle soit-elle, et tout peuple, il concerne toute l’humanité.

    PSAUME – 71 (72)
    1 Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
    à ce fils de roi ta justice.
    2 Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
    qu’il fasse droit aux malheureux !
    7 En ces jours-là, fleurira la justice,
    grande paix jusqu’à la fin des lunes !
    8 Qu’il domine de la mer à la mer,
    et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
    10 Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents.
    Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
    11 Tous les rois se prosterneront devant lui,
    tous les pays le serviront.
    12 Il délivrera le pauvre qui appelle
    et le malheureux sans recours.
    13 Il aura souci du faible et du pauvre,
    du pauvre dont il sauve la vie.

    Imaginons que nous sommes en train d’assister au sacre d’un nouveau roi. Les prêtres expriment à son sujet des prières qui sont tous les souhaits, j’aurais envie de dire tous les rêves que le peuple formule au début de chaque nouveau règne : voeux de grandeur politique pour le roi, mais surtout voeux de paix, de justice pour tous. Les « lendemains qui chantent », en quelque sorte ! C’est un thème qui n’est pas d’aujourd’hui… On en rêve depuis toujours ! Richesse et prospérité pour tous… Justice et Paix… Et cela pour tous… d’un bout de la terre à l’autre… Or le peuple élu a cet immense avantage de savoir que ce rêve des hommes coïncide avec le projet de Dieu lui-même.
    La dernière strophe de ce psaume, elle, change de ton (malheureusement, elle ne fait pas partie de la liturgie de cette fête) : il n’est plus question du roi terrestre, il n’est question que de Dieu : « Béni soit le SEIGNEUR, le Dieu d’Israël, lui seul fait des merveilles ! Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! Amen ! Amen ! » C’est cette dernière strophe qui nous donne la clé de ce psaume : en fait, il a été composé et chanté après l’Exil à Babylone, (donc entre 500 et 100 av.J.C.) c’est-à-dire à une époque où il n’y avait déjà plus de roi en Israël ; ce qui veut dire que ces voeux, ces prières ne concernent pas un roi en chair et en os… ils concernent le roi qu’on attend, que Dieu a promis, le roi-messie. Et puisqu’il s’agit d’une promesse de Dieu, on peut être certain qu’elle se réalisera.
    La Bible tout entière est traversée par cette espérance indestructible : l’histoire humaine a un but, un sens ; et le mot « sens » veut dire deux choses : à la fois « signification » et « direction ». Dieu a un projet. Ce projet inspire toutes les lignes de la Bible, Ancien Testament et Nouveau Testament : il porte des noms différents selon les auteurs. Par exemple, c’est le « JOUR de Dieu » pour les prophètes, le « Royaume des cieux » pour Saint Matthieu, le « dessein bienveillant » pour Saint Paul, mais c’est toujours du même projet qu’il s’agit. Comme un amoureux répète inlassablement des mots d’amour, Dieu propose inlassablement son projet de bonheur à l’humanité. Ce projet sera réalisé par le messie et c’est ce messie que les croyants appellent de tous leurs voeux lorsqu’ils chantent les psaumes au Temple de Jérusalem .
    Ce psaume 71, particulièrement, est vraiment la description du roi idéal, celui qu’Israël attend depuis des siècles : quand Jésus naît, il y a 1000 ans à peu près que le prophète Natan est allé trouver le roi David de la part de Dieu et lui a fait cette promesse dont parle notre psaume. Je vous redis les paroles du prophète Natan à David : « Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai après toi le lignage issu de tes entrailles et j’affermirai sa royauté… Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils… Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais » (2 S 7, 12 – 16).1
    De siècle en siècle, cette promesse a été répétée, répercutée, précisée. La certitude de la fidélité de Dieu à ses promesses en a fait découvrir peu à peu toute la richesse et les conséquences ; si ce roi méritait vraiment le titre de fils de Dieu, alors il serait à l’image de Dieu, un roi de justice et de paix.
    A chaque sacre d’un nouveau roi, la promesse était redite sur lui et on se reprenait à rêver… Depuis David, on attendait, et le peuple juif attend toujours… et il faut bien reconnaître que le règne idéal n’a encore pas vu le jour sur notre terre. On finirait presque par croire que ce n’est qu’une utopie…
    Mais les croyants savent qu’il ne s’agit pas d’une utopie : il s’agit d’une promesse de Dieu, donc d’une certitude. Et la Bible tout entière est traversée par cette certitude, cette espérance invincible : le projet de Dieu se réalisera, nous avançons lentement mais sûrement vers lui. C’est le miracle de la foi : devant cette promesse à chaque fois déçue, il y a deux attitudes possibles : le non-croyant dit « je vous l’avais bien dit, cela n’arrivera jamais » ; mais le croyant affirme résolument « patience, puisque Dieu l’a promis, il ne saurait se rejeter lui-même », comme dit Saint Paul (1 Tm 2, 13).
    Ce psaume dit bien quelques aspects de cette attente du roi idéal : par exemple « pouvoir » et « justice » seront enfin synonymes ; c’est déjà tout un programme : de nombreux pouvoirs humains tentent loyalement d’instaurer la justice et d’enrayer la misère mais n’y parviennent pas ; ailleurs, malheureusement, « pouvoir » rime parfois avec avantages de toute sorte et autres passe-droits ; parce que nous ne sommes que des hommes.
    En Dieu seul le pouvoir n’est qu’amour : notre psaume le sait bien puisqu’il précise « Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice ».
    Et alors puisque notre roi disposera de la puissance même de Dieu, une puissance qui n’est qu’amour et justice, il n’y aura plus de malheureux dans son royaume. « En ces jours-là fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes !… Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. »
    Ce roi-là, on voudrait bien qu’il règne sur toute la planète ! C’est de bon coeur qu’on lui souhaite un royaume sans limite de temps ou d’espace ! « Qu’il règne jusqu’à la fin des lunes… » et « Qu’il domine de la mer à la mer et du Fleuve jusqu’aux extrémités de la terre ». Pour l’instant, quand on chante ce psaume, les extrémités du monde connu, ce sont l’Arabie et l’Egypte et c’est pourquoi on cite les rois de Saba et de Seba : Saba, c’est au Sud de l’Arabie, Seba, c’est au Sud de l’Egypte… Quant à Tarsis, c’est un pays mythique, qui veut dire « le bout du monde ».
    Aujourd’hui, le peuple juif chante ce psaume dans l’attente du roi-Messie2 ; nous, Chrétiens, l’appliquons à Jésus-Christ et il nous semble que les mages venus d’Orient ont commencé à réaliser la promesse « Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents, les rois de Saba et de Seba feront leur offrande… Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront ».
    —————————–
    Notes
    1 – Quand le chant « Il est né le divin enfant » nous fait dire « Depuis plus de 4000 ans nous le promettaient les prophètes », le compte n’est pas tout à fait exact, peut-être le nombre 4000 n’a-t-il été retenu que pour les nécessités de la mélodie.
    2 – De nos jours, encore, dans certaines synagogues, nos frères juifs disent leur impatience de voir arriver le Messie en récitant la profession de foi de Maïmonide, médecin et rabbin à Tolède en Espagne, au douzième siècle : « Je crois d’une foi parfaite en la venue du Messie, et même s’il tarde à venir, en dépit de tout cela, je l’attendrai jusqu’au jour où il viendra. »

    DEUXIEME LECTURE – Ephésiens 3 , 2…6
    Frères,
    2 vous avez appris, je pense,
    en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous :
    3 par révélation, il m’a fait connaître le mystère.
    Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance
    des hommes des générations passées,
    comme il a été révélé maintenant
    à ses saints Apôtres et aux prophètes,
    dans l’Esprit.
    Ce mystère,
    c’est que toutes les nations sont associées au même héritage,
    au même corps,
    au partage de la même promesse,
    dans le Christ Jésus,
    par l’annonce de l’Evangile.

    Ce passage est extrait de la lettre aux Ephésiens au chapitre 3 ; or c’est dans le premier chapitre de cette même lettre que Paul a employé sa fameuse expression « le dessein bienveillant de Dieu » ; ici, nous sommes tout à fait dans la même ligne ; je vous rappelle quelques mots du chapitre 1 : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ».
    Dans le texte d’aujourd’hui, nous retrouvons ce mot de « mystère ». Le « mystère », chez Saint Paul, ce n’est pas un secret que Dieu garderait jalousement pour lui ; au contraire, c’est son intimité dans laquelle il nous fait pénétrer. Paul nous dit ici : « Par révélation, Dieu m’a fait connaître le mystère » : ce mystère, c’est-à-dire son dessein bienveillant, Dieu le révèle progressivement ; tout au long de l’histoire biblique, on découvre toute la longue, lente, patiente pédagogie que Dieu a déployée pour faire entrer son peuple élu dans son mystère ; nous avons cette expérience qu’on ne peut pas, d’un coup, tout apprendre à un enfant : on l’enseigne patiemment au jour le jour et selon les circonstances ; on ne fait pas d’avance à un enfant des leçons théoriques sur la vie, la mort, le mariage, la famille… pas plus que sur les saisons ou les fleurs… l’enfant découvre la famille en vivant les bons et les mauvais jours d’une famille bien réelle ; il découvre les fleurs une à une, il traverse avec nous les saisons… quand la famille célèbre un mariage ou une naissance, quand elle traverse un deuil, alors l’enfant vit avec nous ces événements et, peu à peu, nous l’accompagnons dans sa découverte de la vie.
    Dieu a déployé la même pédagogie d’accompagnement avec son peuple et s’est révélé à lui progressivement ; pour Saint Paul, il est clair que cette révélation a franchi une étape décisive avec le Christ : l’histoire de l’humanité se divise nettement en deux périodes : avant le Christ et depuis le Christ. « Ce mystère1, n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. » A ce titre, on peut se réjouir que nos calendriers occidentaux décomptent les années en deux périodes, les années avant J.C. et les années après J.C.
    Ce mystère dont parle Paul, c’est que le Christ est le centre du monde et de l’histoire, que l’univers entier sera un jour réuni en lui, comme les membres le sont à la tête ; d’ailleurs, dans la phrase « réunir l’univers entier sous un seul chef le Christ », le mot grec que nous traduisons « chef » veut dire tête.
    Il s’agit bien de « l’univers entier » et ici Paul précise : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus » ; on pourrait dire encore autrement : l’Héritage, c’est Jésus-Christ… la Promesse, c’est Jésus-Christ… le Corps, c’est Jésus-Christ… Le dessein bienveillant de Dieu, c’est que Jésus-Christ soit le centre du monde, que l’univers entier soit réuni en lui. Dans le Notre Père, quand nous disons « Que ta volonté soit faite », c’est de ce projet de Dieu que nous parlons et, peu à peu, à force de répéter cette phrase, nous nous imprégnons du désir de ce Jour où enfin ce projet sera totalement réalisé.
    Donc le projet de Dieu concerne l’humanité tout entière, et non pas seulement les Juifs : c’est ce qu’on appelle l’universalisme du plan de Dieu. Cette dimension universelle du plan de Dieu fut l’objet d’une découverte progressive par les hommes de la Bible, mais à la fin de l’histoire biblique, c’était une conviction bien établie dans le peuple d’Israël, puisqu’on fait remonter à Abraham la promesse de la bénédiction de toute l’humanité : « En toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 3). Et le passage d’Isaïe que nous lisons en première lecture de cette fête de l’Epiphanie est exactement dans cette ligne. Bien sûr, si un prophète comme Isaïe a cru bon d’y insister, c’est qu’on avait tendance à l’oublier.
    De la même manière, au temps du Christ, si Paul précise : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus », c’est que celà n’allait pas de soi. Et là, nous avons un petit effort d’imagination à faire : nous ne sommes pas du tout dans la même situation que les contemporains de Paul ; pour nous, au vingt-et-unième siècle, c’est une évidence : beaucoup d’entre nous ne sont pas juifs d’origine et trouvent normal d’avoir part au salut apporté par le Messie ; pour un peu, même, après deux mille ans de Christianisme, nous aurions peut-être tendance à oublier qu’Israël reste le peuple élu parce que, comme dit ailleurs Saint Paul, « Dieu ne peut pas se renier lui-même ». Aujourd’hui, nous avons un peu tendance à croire que nous sommes les seuls témoins de Dieu dans le monde.
    Mais au temps du Christ, c’était la situation inverse : c’est le peuple juif qui, le premier, a reçu la révélation du Messie. Jésus est né au sein du peuple juif : c’était la logique du plan de Dieu et de l’élection d’Israël ; les Juifs étaient le peuple élu, ils étaient choisis par Dieu pour être les apôtres, les témoins et l’instrument du salut de toute l’humanité ; et on sait que les Juifs devenus chrétiens ont eu parfois du mal à tolérer l’admission d’anciens païens dans leurs communautés. Saint Paul vient leur dire « Attention… les païens, désormais, peuvent aussi être des apôtres et des témoins du salut »… Au fait, je remarque que Matthieu, dans l’évangile de la visite des mages, qui est lu également pour l’Epiphanie, nous dit exactement la même chose.
    Les derniers mots de ce texte résonnent comme un appel : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus par l’annonce de l’évangile » : si je comprends bien, Dieu attend notre collaboration à son dessein bienveillant : les mages ont aperçu une étoile, pour laquelle ils se sont mis en route ; pour beaucoup de nos contemporains, il n’y aura pas d’étoile dans le ciel, mais il faudra des témoins de la Bonne Nouvelle.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 2, 1 – 12
    1 Jésus était né à Bethléem en Judée,
    au temps du roi Hérode le Grand.
    Or, voici que des mages venus d’Orient
    arrivèrent à Jérusalem
    2 et demandèrent :
    « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
    Nous avons vu son étoile à l’orient
    et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
    3 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
    et tout Jérusalem avec lui.
    4 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
    pour leur demander où devait naître le Christ.
    Ils lui répondirent :
    5 « A Bethléem en Judée,
    car voici ce qui est écrit par le prophète :
    6 Et toi, Bethléem, terre de Juda,
    tu n’es certes pas le dernier
    parmi les chefs-lieux de Juda,
    car de toi sortira un chef,
    qui sera le berger de mon peuple Israël. »
    7 Alors Hérode convoqua les mages en secret
    pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
    8 Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
    « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
    Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
    pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
    9 Après avoir entendu le roi, ils partirent.
    Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
    les précédait,
    jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
    où se trouvait l’enfant.
    10 Quand ils virent l’étoile,
    ils se réjouirent d’une très grande joie.
    11 Ils entrèrent dans la maison,
    ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
    et, tombant à ses pieds,
    ils se prosternèrent devant lui.
    Ils ouvrirent leur coffrets,
    et lui offrirent leurs présents :
    de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
    12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
    ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

    On sait à quel point l’attente du Messie était vive au temps de Jésus. Tout le monde en parlait, tout le monde priait Dieu de hâter sa venue. La majorité des Juifs pensait que ce serait un roi : ce serait un descendant de David, il régnerait sur le trône de Jérusalem, il chasserait les Romains, et il établirait définitivement la paix, la justice et la fraternité en Israël ; et les plus optimistes allaient même jusqu’à dire que tout ce bonheur s’installerait dans le monde entier.
    Dans ce sens, on citait plusieurs prophéties convergentes de l’Ancien Testament : d’abord celle de Balaam dans le Livre des Nombres. Je vous la rappelle : au moment où les tribus d’Israël s’approchaient de la terre promise sous la conduite de Moïse, et traversaient les plaines de Moab (aujourd’hui en Jordanie), le roi de Moab, Balaq, avait convoqué Balaam pour qu’il maudisse ces importuns ; mais, au lieu de maudire, Balaam, inspiré par Dieu avait prononcé des prophéties de bonheur et de gloire pour Israël ; et, en particulier, il avait osé dire : « Je le vois, je l’observe, de Jacob monte une étoile, d’Israël jaillit un sceptre … » (Nb 24, 17). Le roi de Moab avait été furieux, bien sûr, car, sur l’instant, il y avait entendu l’annonce de sa future défaite face à Israël ; mais en Israël, dans les siècles suivants, on se répétait soigneusement cette belle promesse ; et peu à peu on en était venu à penser que le règne du Messie serait signalé par l’apparition d’une étoile. C’est pour cela que le roi Hérode, consulté par les mages au sujet d’une étoile, prend l’affaire très au sérieux.
    Autre prophétie concernant le Messie : celle de Michée : « Toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Prophétie tout à fait dans la ligne de la promesse faite par Dieu à David : que sa dynastie ne s’éteindrait pas et qu’elle apporterait au pays le bonheur attendu.
    Les mages n’en savent peut-être pas tant : ce sont des astrologues ; ils se sont mis en marche tout simplement parce qu’une nouvelle étoile s’est levée ; et, spontanément, en arrivant à Jérusalem, ils vont se renseigner auprès des autorités. Et c’est là, peut-être, la première surprise de ce récit de Matthieu : il y a d’un côté, les mages qui n’ont pas d’idées préconçues ; il sont à la recherche du Messie et ils finiront par le trouver. De l’autre, il y a ceux qui savent, qui peuvent citer les Ecritures sans faute, mais qui ne bougeront pas le petit doigt ; ils ne feront même pas le déplacement de Jérusalem à Bethléem. Evidemment, ils ne rencontreront pas l’enfant de la crèche.
    Quant à Hérode, c’est une autre histoire. Mettons-nous à sa place : il est le roi des Juifs, reconnu comme roi par le pouvoir romain, et lui seul… Il est assez fier de son titre et férocement jaloux de tout ce qui peut lui faire de l’ombre … Il a fait assassiner plusieurs membres de sa famille, y compris ses propres fils, il ne faut pas l’oublier. Car dès que quelqu’un devient un petit peu populaire… Hérode le fait tuer par jalousie. Et voilà qu’on lui rapporte une rumeur qui court dans la ville : des astrologues étrangers ont fait un long voyage jusqu’ici et il paraît qu’ils disent : « Nous avons vu se lever une étoile tout à fait exceptionnelle, nous savons qu’elle annonce la naissance d’un enfant-roi… tout aussi exceptionnel… Le vrai roi des juifs vient sûrement de naître » ! … On imagine un peu la fureur, l’extrême angoisse d’Hérode !
    Donc, quand Saint Matthieu nous dit : « Hérode fut bouleversé et tout Jérusalem avec lui », c’est certainement une manière bien douce de dire les choses ! Evidemment, Hérode ne va pas montrer sa rage, il faut savoir manoeuvrer : il a tout avantage à extorquer quelques renseignements sur cet enfant, ce rival potentiel… Alors il se renseigne :
    D’abord sur le lieu : Matthieu nous dit qu’il a convoqué les chefs des prêtres et les scribes et qu’il leur a demandé où devait naître le Messie ; et c’est là qu’intervient la prophétie de Michée : le Messie naîtra à Bethléem.
    Ensuite, Hérode se renseigne sur l’âge de l’enfant car il a déjà son idée derrière la tête pour s’en débarrasser ; il convoque les mages pour leur demander à quelle date au juste l’étoile est apparue. On ne connaît pas la réponse mais la suite nous la fait deviner : puisque, en prenant une grande marge, Hérode fera supprimer tous les enfants de moins de deux ans.
    Très probablement, dans le récit de la venue des mages, Matthieu nous donne déjà un résumé de toute la vie de Jésus : dès le début, à Bethléem, il a rencontré l’hostilité et la colère des autorités politiques et religieuses. Jamais, ils ne l’ont reconnu comme le Messie, ils l’ont traité d’imposteur… Ils l’ont même supprimé, éliminé. Et pourtant, il était bien le Messie : tous ceux qui le cherchent peuvent, comme les mages, entrer dans le salut de Dieu.
    —————————
    Compléments
    – Au passage, on notera que c’est l’un des rares indices que nous ayons de la date de naissance exacte de Jésus ! On connaît avec certitude la date de la mort d’Hérode le Grand : 4 av JC (il a vécu de 73 à 4 av JC)… or il a fait tuer tous les enfants de moins de 2 ans : c’est-à-dire des enfants nés entre 6 et 4 (av JC) ; donc Jésus est probablement né entre 6 et 4 ! Probablement en 6 ou 5… C’est quand au sixième siècle on a voulu – à juste titre – compter les années à partir de la naissance de Jésus, (et non plus à partir de la fondation de Rome) qu’il y a eu tout simplement une erreur de comptage.
    – A propos de « l’Election d’Israël » : les mages païens ont vu l’étoile visible par tout un chacun. Mais ce sont les scribes d’Israël qui peuvent en révéler le sens… Encore faut-il qu’eux-mêmes se laissent guider par les Ecritures.


lundi 1er janvier 2018

  • Infos pour le mois de janvier 2018
    Activités et réunions de la Paroisse - Paroisse de Caulnes

  • Bonne Année !
    Chers lecteurs, chères lectrices, Meilleurs vœux pour la nouvelle année à vos familles. Tout au long de cette nouvelle aventure nous sommes tenus à nous donner la main pour avancer avec confiance… C'est une évidence, notre rêve c'est de semer plus de joie, d'amour, de bonheur et de paix autour de (...)

  • Bonne Année 2018
    Que 2018 soit la meilleure pour vous ! - Editorial

  • Intention de prière du pape François pour janvier 2018

    Intention de prière : Les minorités religieuses en Asie

    Prions pour que pour que les chrétiens, ainsi que les autres minorités religieuses, puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques.

    Prier au coeur du monde consacre son numéro à cette intention

     


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